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Déi Lénk ne lâchera rien sur le progrès social


Déi Lénk a fait salle comble, dimanche, à l’occasion de son congrès national, porté par une dynamique positive et un sentiment de regain. (Photo : julien garroy)

Le 23e congrès national de déi Lénk, organisé dimanche à Mamer, a permis au parti de souligner son rôle de «moteur de l’opposition». Le gouvernement CSV-DP est attaqué de front.

Déi Lénk sort d’une année politique couronnée de succès. L’adoption de la proposition de loi du député Marc Baum visant à inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution fera date. La pression exercée dans l’affaire concernant le directeur du Centre national de l’audiovisuel (CNA) aurait également porté ses fruits. Le concerné s’est vu contraint de démissionner.

En parallèle, le parti estime avoir fortement contribué à accentuer la pression sur le gouvernement sur les questions sociales. La forte mobilisation lors de la manifestation nationale de fin juin 2025, organisée par l’Union des syndicats OGBL-LCGB, en serait la preuve. Des «atrocités» planifiées par le Premier ministre, Luc Frieden, ont ainsi pu être évitées, selon le parti.

Malgré tout, la très contestée réforme des pensions est entrée en vigueur et les heures d’ouverture et de travail dans le commerce ont été en partie libéralisées. Pas de quoi décourager déi Lénk, qui a placé son congrès, ce dimanche à Mamer, sous la devise «Organiser le progrès social».

Le parti des députés Marc Baum et David Wagner se dit décidé à continuer à faire bloc face à un gouvernement qui serait «orchestré par le patronat». Le refus de procéder à une augmentation structurelle du salaire minimum viendrait confirmer cette impression, d’autant plus que l’ajustement prévu de 3,8 % sera pris en charge à hauteur de 1,5 point par l’État. Déi Lénk refuse aussi une prochaine baisse de l’imposition des entreprises.

Conformément à la devise du congrès, déi Lénk ne compte rien lâcher en matière de progrès social. Le parti revendique un rôle de relais entre société civile et Parlement et veut se rapprocher des citoyens, avec pour objectif de continuer à assumer son rôle de «moteur dans l’opposition». Plus globalement, la formation politique entend, sans renier ses fondamentaux, améliorer sa capacité à toucher un public plus large et à mieux structurer son action. L’accent est mis sur la proximité avec les citoyens, le travail de terrain et la lisibilité du discours politique. L’objectif est de renforcer la «crédibilité» du parti tout en restant fidèle à une ligne clairement ancrée à gauche.

Mobilisation en vue du 1er-Mai

Les syndicats constituent un autre partenaire de choix. Depuis Mamer, déi Lénk a ainsi lancé un appel à participer en grand nombre à la manifestation du 1er-Mai de l’OGBL, organisé à l’abbaye de Neumünster. Carole Thoma, la co-porte-parole, veut que les travailleurs envoient un nouveau signal clair au Premier ministre, qui aurait déjà été malmené par la manifestation du 28 juin.

Les thèmes sur lesquels le parti compte plus activement travailler sont, à côté du salaire minimum, la crise du logement, le suivi critique de la réforme des pensions et la réforme fiscale.

Parmi les grands manquements du gouvernement figureraient l’absence d’un plafond pour les loyers et d’une taxe pour mobiliser les terrains constructibles laissés vides. Les textes pour agir sont néanmoins prêts, selon déi Lénk. Il manquerait la volonté politique pour agir.

Le principe de l’allègement fiscal qui s’annonce pour 2028 est salué par déi Lénk. L’absence de contre-financement d’une réforme qui coûtera environ un milliard d’euros par an à l’État interpelle toutefois le parti, qui soupçonne le ministre des Finances, Gilles Roth, de se positionner comme tête de liste en prévision des législatives d’octobre 2028.

Baum et Wagner remplacés en octobre

Déi Lénk maintient son principe de rotation, du moins à l’échelle nationale. Comme prévu, les députés Marc Baum et David Wagner céderont à mi-mandat leur sièges à deux nouveaux visages : Gary Diderich et Ana Correia.

Récemment, le parti avait toutefois décidé de renoncer à ce principe dans deux communes. À Dudelange, Carole Thoma ira au bout de son mandat de conseillère, fixé à 2029. Ce sera également le cas pour le futur ex-député Marc Baum à Esch-sur-Alzette. David Wagner siège au conseil communal de Luxembourg, où il a remplacé Nathalie Oberweis en septembre 2024.

 

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