Accueil | A la Une | Cocorico ! Le coq Maurice peut continuer de chanter

Cocorico ! Le coq Maurice peut continuer de chanter


"Je suis sans voix. On leur a volé dans les plumes", s'est félicitée Corinne Fesseau, propriétaire du volatile. (photo AFP)

La justice française a autorisé jeudi le coq Maurice, dont le cocorico matinal est devenu le symbole des traditions rurales, à continuer de chanter, rejetant la plainte des voisins qui l’accusaient de les réveiller dès l’aube, a annoncé Me Julien Papineau, défenseur de la propriétaire du volatile.

« Maurice a gagné (et) les plaignants devront verser à sa propriétaire 1 000 euros de dommages et intérêts », ainsi que le paiement de ses frais de justice, a dit Me Papineau à l’issue de la décision du tribunal correctionnel de Rochefort.

« Je suis sans voix. On leur a volé dans les plumes. C’est une victoire pour tous les gens dans la même situation que moi. J’espère que cela fera jurisprudence pour eux », s’est félicitée Corinne Fesseau au côté de son avocat devant le tribunal de Rochefort. « Tout le monde va être protégé derrière : les cloches, les grenouilles… », a-t-elle ajouté, en allusion aux autres querelles de voisinage liées au bruit qui émeuvent depuis quelque temps le monde rural, opposant souvent gens du cru et néo-ruraux. « Pourquoi pas une loi Maurice pour protéger tous les bruits ruraux ? », a-t-elle lancé.

Symbole d’une ruralité menacée

Me Papineau a expliqué que sa victoire tenait notamment au fait « qu’en droit français, il faut faire la preuve d’une nuisance et elle n’a pas été faite ». Ni les plaignants, ni leur défenseur n’étaient présents. Cette affaire avait débuté par une plainte banale pour trouble anormal du voisinage. Elle avait été déposée par un couple d’agriculteurs retraités domicilié en Haute-Vienne, incommodés par le chant trop matinal de Maurice près de leur résidence de vacances dans l’île d’Oléron, sur la côte atlantique. Article dans le New York Times, T-shirts « Let me sing » (Laissez-moi chanter) de la Team Maurice, pétition pour « sauver Maurice » (140 000 signatures), le gallinacé de Saint-Pierre-d’Oléron est devenu en quelques mois le symbole de la ruralité française menacée.

Déplacement du poulailler, film noir autour de sa cabane pour l’empêcher de chanter avant 8h30, rien n’y a fait : Maurice a continué de chanter aux premières lueurs de l’aube et aucune conciliation n’a pu avoir lieu entre les parties.

LQ/AFP

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.