Léon Gloden a fait le point sur les conséquences de la canicule pour les services de secours et hospitaliers. Ceux-ci ont été bien plus mis à contribution que d’ordinaire et déplorent un nombre de décès plus important que prévu.
Alors que les épisodes de chaleur intenses se multiplient au Luxembourg, et qu’il va falloir s’y habituer, la question des moyens mis en œuvre pour gérer cette crise et prendre en charge les personnes les plus vulnérables revient sur la table. Dans une question parlementaire, les députés (DP) André Bauler et Gusty Graas ont souhaité savoir combien d’interventions ont été effectuées par les pompiers et quelle a été la surcharge de travail dans les services hospitaliers.
D’après les chiffres compilés par le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden (CSV), le CGDIS a enregistré en moyenne 47% de secours à personne (SAP) en plus sur la deuxième quinzaine de juin par rapport aux autres années. Au plus fort de la canicule, la semaine du 22 juin, les interventions ont même augmenté de plus de 80% certains jours par rapport à la période de référence. «En regardant aussi les autres interventions (incendies, interventions techniques, etc.), il y a eu des jours avec un quasi doublement par rapport à la moyenne des années précédentes, notamment dû à des interventions liées aux intempéries», ajoute Léon Gloden.
De son côté, le SAMU a été mobilisé sur 594 interventions au total, soit 37,12 interventions en moyenne par jour contre 26,33 sur la même période les années précédentes.
Une activité plus intense aux urgences
«Dans l’ensemble, la situation dans les hôpitaux est restée maîtrisée, même si cette période de canicule a
représenté un véritable défi, tant pour les équipes soignantes que pour les patients», précise le ministre. Les services d’urgence ont été particulièrement sollicités pendant l’épisode de canicule avec une proportion croissante de patients présentant des pathologies en lien avec la chaleur.
La journée du 24 juin a été particulièrement rude pour les hôpitaux avec plus de 2000 passages enregistrés dans les quatre établissements luxembourgeois alors qu’ils ne dépassent généralement pas les 1000 passages quotidiens.
Des décès plus nombreux
Le nombre de décès fait l’objet d’un suivi rigoureux dans le cadre du système européen de surveillance,
EuroMOMO (European mortality monitoring). «Mais la mortalité liée à la canicule est difficile à évaluer car des décès peuvent survenir sur des problèmes médicaux divers et souvent multifactoriels», rappelle le ministre.
Les semaines de fortes chaleurs ont néanmoins entraîné une surmortalité par rapport au nombre de décès attendu par les autorités. Ainsi, lors de la dernière semaine de juin, quand la vigilance rouge a été déclenchée au Luxembourg, les autorités ont observé 23 décès de plus que ce qu’elles attendaient. Lors des différentes vagues de chaleur, 274 décès ont été enregistrés contre 227 attendus, soit 47 morts supplémentaires. Les plus de 85 ans sont de loin les plus touchés avec 30 décès de plus que ce qui était prévu.
«Les premiers retours des établissements hospitaliers indiquent qu’un nombre plus élevé de personnes
âgées ont été admises aux urgences au cours de cette période, précise le ministre. Ces observations sont cohérentes avec le fait que les personnes âgées figurent parmi les populations les plus vulnérables aux fortes chaleurs.» Il rappelle également qu’à ce stade, les données disponibles ne permettent pas de quantifier précisément l’impact de la canicule.