Le musée le plus visité au monde expose quelque 300 clichés, pour la plupart jamais montrés au public, qui dévoilent ses coulisses, ses mutations et l’attraction qu’il a toujours exercée sur les photographes.
Du tout premier cliché du musée parisien réalisé par Daguerre en 1839 jusqu’au majeur tendu de l’artiste chinois contemporain Wei Wei devant une Joconde floue, l’exposition «Louvre Photo» navigue entre les époques pour livrer une «infinité de vues de ce lieu-monde», selon les mots du président du musée, Christophe Leribault. L’exposition, qui a ouvert ses portes mercredi et se tiendra jusqu’au 3 mai 2027, sautille entre paillettes (les Beatles venus visiter le musée, Sophia Loren admirant Mona Lisa…) et moments d’histoire (des prisonniers allemands massés dans la cour du Louvre en 1944, François Mitterrand et Élisabeth II déambulant dans la salle des Cariatides en 1992).
On y découvre aussi un laboratoire de radiologie niché dans les combles, les fouilles menées à la fin du XIXe siècle, les destructions lors du soulèvement de la Commune en 1871 et les démolitions de la grande galerie en 1865. Sont également exposées des cartes postales adressées à Pablo Picasso et reproduisant de célèbres œuvres du musée parisien. «C’est un Louvre comme personne ne l’a jamais vu», affirme Dominique de Font-Réaulx, qui a conçu, avec Quentin Bajac, cette exposition soulignant les liens historiques qui unissent le musée et la photographie, dont le 200e anniversaire est célébré cette année.
De l’invention de la photo aux selfies
À peine trente ans séparent l’ouverture du Louvre en 1793 et la création de la photographie par le Français Nicéphore Niépce, et tous deux sont portés par un même élan, selon les deux commissaires. «La création du musée fait partie de ce qui va faire naître la photographie, c’est-à-dire cette conception nouvelle d’exploration du monde et un rapport nouveau entre le réel et l’imaginaire», explicite Dominique de Font-Réaulx.
L’exposition donne aussi à voir une sélection de clichés pris par des visiteurs, pour faire écho aux centaines de milliers de photos et selfies pris par les quelque 9 millions de personnes qui déambulent dans le musée chaque année. «C’était important pour nous d’avoir des images de tout type et cette production très contemporaine, immense, se devait d’y figurer mais il fallait trouver la forme adéquate», note Quentin Bajac.