Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, dresse un tableau plutôt sombre de la situation géopolitique. Pour y faire face, le Luxembourg doit «renforcer et élargir» ses partenariats.
En cet automne 2026, l’Europe assisterait «à une nette intensification de la guerre d’agression illégale menée contre l’Ukraine». «Dans pratiquement tous les pays de l’Union européenne, nous constatons une multiplication des actions hybrides visant à déstabiliser et à diviser nos sociétés», introduit Xavier Bettel dans son discours annuel sur la politique étrangère.
«Plus loin de nos frontières, mais avec des répercussions directes sur les ménages et les entreprises luxembourgeoises, se trouvent le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, les attaques des Houthis contre l’Arabie saoudite et les tensions persistantes au Moyen-Orient.
À cela s’ajoutent des relations commerciales internationales de plus en plus difficiles et une remise en cause du droit international», poursuit-il depuis la tribune de la Chambre des députés.
«Rester un partenaire fiable»
Petit pays doté d’une économie parmi les plus ouvertes au monde, le Luxembourg serait particulièrement vulnérable face à un contexte géopolitique tendu, que le ministre des Affaires étrangères résume ainsi : «On a le sentiment de vivre dans un monde de plus en plus dangereux, en perpétuelle mutation, où les conflits qui éclatent au-delà de nos frontières, ou du moins leurs répercussions, ne s’arrêtent pas à celles-ci».
Pour faire face à ce monde en ébullition, la ligne directrice du Grand-Duché devrait donc être de «renforcer, diversifier et élargir» ses alliances, tant avec «nos plus proches partenaires» qu’avec «de nouveaux partenaires à travers le monde».
«Nous devons diversifier et élargir nos partenariats à l’échelle mondiale», résume Xavier Bettel. Pour réussir cette entreprise, «le Luxembourg doit rester un partenaire fiable pour d’autres pays».
Qui peuvent être ces partenaires? Le chef de la diplomatie luxembourgeoise n’est pas prêt de couper les ponts avec les États-Unis de Donald Trump.
«Permettez-moi d’être très clair : les relations avec les États-Unis restent importantes. Elles méritent donc toute notre attention et toute notre énergie», martèle-t-il, en renvoyant notamment vers l’alliance militaire.
En Asie, la Chine reste également un partenaire «incontournable». Le dialogue ne serait «pas toujours facile, mais il est nécessaire, y compris dans l’intérêt des générations futures, notamment face aux grands défis de notre époque, comme la crise climatique».
Xavier Bettel qualifie également la Chine d’«acteur majeur dont l’importance continuera de croître, non seulement dans la transition énergétique, mais aussi pour notre place financière».
Un ambassadeur pour l’Ukraine
Le chef de la diplomatie luxembourgeoise n’a pas manqué de s’attaquer au président russe, Vladimir Poutine, et sa «guerre qui cible délibérément les populations et les infrastructures civiles afin de briser la volonté de résistance de la population ukrainienne».
«Notre soutien à l’Ukraine est constant, résolu et se poursuivra : aide financière, militaire et humanitaire, soutien politique et humain», promet Xavier Bettel.
Cet été, un ambassadeur luxembourgeois non-résident en charge de l’Ukraine a été nommé : «Il se rendra régulièrement en Ukraine, mais sa présence au Luxembourg permettra également de mieux coordonner nos efforts de soutien».
La conclusion de Xavier Bettel n’est guère plus positive que son introduction : «Les défis et les tensions sur la scène internationale persisteront, tout comme l’instabilité dans de nombreuses régions du monde. Face à ces nouvelles réalités, il est indispensable de renforcer le dialogue et la coopération avec nos partenaires de confiance, anciens comme nouveaux, partout dans le monde.»
Bettel plaide pour une femme à la tête de l’ONU
En principe, le nouveau secrétaire général des Nations unies doit encore être nommé avant la fin de cette année. Sur les sept candidats en lice pour succéder à Antonio Guterres figurent cinq femmes : les Équatoriennes María Fernanda Espinosa (ex-présidente de l’Assemblée générale de l’ONU) et Ivonne A-Baki (ex-ambassadrice), la Costaricienne Rebeca Grynspan (ONU Commerce et Développement), la Guyanienne Carolyn Rodrigues Birkett (ex-ministre des Affaires étrangères) et l’Émiratie Lana Zaki Nusseibeh (ex-ambassadrice à l’ONU).
Un fait loué expressément par Xavier Bettel, qui se «rejouirait si ce poste important était enfin occupé par une femme, plus de 80 ans après la création de l’ONU».
Il salue «qu’autant de profils solides se présentent». «Tous ont leurs mérites. La communauté internationale a besoin d’un leadership fort, capable de bâtir des ponts, de renforcer le multilatéralisme et de défendre les principes de la charte des Nations unies», souligne le chef de la diplomatie luxembourgeoise.