Les logements inoccupés à Esch-sur-Alzette seront taxés jusqu’à 10 000 euros par an.
Les logements inoccupés à Esch-sur-Alzette feront désormais l’objet d’une taxe annuelle pouvant atteindre 10 000 euros.
Le conseil communal d’Esch-sur-Alzette a approuvé, il y a quelques jours, l’instauration d’une taxe sur les logements inoccupés situés sur le territoire de la commune.
Cette nouvelle taxe vise à inciter les propriétaires d’immeubles bâtis destinés à l’habitation et laissés vacants à les remettre sur le marché afin de répondre aux besoins locaux en matière de logement.
«Les propriétaires de logements inoccupés depuis au moins 18 mois recevront prochainement un courrier les informant de cette nouvelle taxe. Celle-ci s’élève, la première année, à 50 euros par mètre carré, avec un plafond de 5 000 euros. Elle est portée à 70 euros par mètre carré, avec un maximum de 7 000 euros la deuxième année, puis à 100 euros par mètre carré, avec un plafond de 10 000 euros par an à partir de la troisième année», peut-on lire dans la délibération du conseil communal.
Les propriétaires concernés disposeront de trois mois pour transmettre à l’administration communale les documents permettant d’attester la superficie du logement. À défaut, ils se verront appliquer le montant maximal prévu par le règlement.
Les logements vacants ne sont pas les seuls dans le collimateur de la commune. Les terrains à bâtir susceptibles de faire l’objet d’une autorisation de construire depuis au moins trois ans sont eux aussi visés par une nouvelle taxe.
Terrains à bâtir concernés
La première année, chaque mètre carré sera taxé à hauteur de 50 euros. Le montant passera à 100 euros la deuxième année, puis à 150 euros la troisième année.
Grâce à cette nouvelle taxation, la commune espère dégager des recettes qui contribueront au financement de ses politiques en matière de logement. La Ville doit notamment mobiliser d’importants moyens financiers pour développer des logements abordables, construire de nouveaux logements, mais aussi rénover et entretenir son patrimoine immobilier.
Seul l’élu ADR, Bernard Schmit, s’est opposé au projet. Déi Lénk, également dans l’opposition, s’est en revanche félicité de cette décision du conseil communal.
1 600 logements inoccupés
«Il est urgent de mobiliser rapidement les logements inoccupés afin de lutter contre la crise du logement. La Ville d’Esch a enfin pris des mesures concrètes en instaurant une taxe qui touchera les propriétaires ne mettant pas leurs biens immobiliers sur le marché», indique le parti dans un communiqué.
Les représentants de déi Lénk ajoutent : «En janvier 2025, notre conseiller communal à Esch, Marc Baum, avait déposé une motion au conseil communal qui constitue aujourd’hui la base de cette taxe. C’est une victoire importante de voir enfin des mesures prises dans la deuxième ville du pays afin d’apporter une aide concrète aux personnes qui n’ont plus les moyens de faire face aux loyers pratiqués sur le marché locatif. Rien qu’à Esch, 1 600 logements sont actuellement inoccupés.»
Si déi Lénk préférerait voir une telle taxe instaurée au niveau national, le parti salue la décision prise par le collège échevinal.
«La crise de la construction et la réticence des banques à accorder des prêts contraignent en effet de plus en plus de personnes à se tourner vers la location. La spéculation contribue à créer une pénurie artificielle qui fait considérablement grimper les prix. Cette taxe vise à freiner la spéculation et à empêcher ainsi certains propriétaires peu scrupuleux de s’enrichir de manière indécente sur le dos des travailleuses et des travailleurs. La taxe sur la spéculation met fin à ce jeu. Les années d’engagement de déi Lénk contre la spéculation immobilière portent enfin leurs fruits. Nous nous mobiliserons également dans les communes où nous sommes représentés afin que des avancées similaires puissent voir le jour», prévient le parti.