MUSIQUE Le rappeur américain a lancé lundi à Dublin sa nouvelle tournée après avoir été évincé de celle d’Ed Sheeran pour son soutien aux Palestiniens.
La nouvelle avait fait du bruit : l’interprète de Thrift Shop avait été écarté des dates américaines d’Ed Sheeran après avoir crié «Free Palestine» sur scène et assuré aux Palestiniens qu’ils n’étaient «pas oubliés». La star anglaise de la pop avait affirmé que la décision ne provenait pas de lui mais des organisateurs de la tournée. Quatre autres artistes qui devaient se produire en première partie de ses concerts ont quitté le programme en soutien à Macklemore. Face à la polémique, Ed Sheeran a répondu que la situation à Gaza était «injustifiable et disproportionnée».
Macklemore avait de son côté annoncé en septembre sa propre tournée, dont les recettes seront reversées à des organisations d’aide aux Palestiniens. Il l’a lancée lundi à Dublin, avec l’apparition à ses côtés de nombreux artistes non annoncés, dont le trio irlandais Kneecap, le duo américain de rap conscient Dead Prez, le chanteur Hozier ou encore Lina Makoul, la première Palestinienne à avoir gagné l’équivalent israélien du télécrochet The Voice. Durant le spectacle ont également été diffusés des vidéos des acteurs Mark Ruffalo et Cynthia Nixon et du chanteur du groupe The Strokes, Julian Casablancas.
À guichets fermés
«Le soutien de Macklemore à la Palestine est énorme. Il a pris position et s’est exposé au lieu de choisir la facilité», a estimé Michael Keating, un spectateur venu pour cette première date à Dublin. «Il risque sa popularité, son futur, celui de sa famille, tout ça pour la paix. Et c’est très important.» Sur son site, l’artiste précise que «tous les bénéfices seront reversés à des associations en soutien à la Palestine».
Selon les promoteurs, ce premier concert s’est tenu à guichets fermés devant 13 000 personnes; les deux autres dates, vendredi à Paris et samedi à Londres, sont également complètes. «Depuis qu’il a commencé à parler de la Palestine, on l’apprécie encore plus», a souligné Freya Dorrity, étudiante de 18 ans. «Les artistes ne devraient jamais être censurés, d’aucune manière», a ajouté Maria Liddy, portant un keffieh rouge et blanc.