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Attaques réciproques de la Russie et de l’Ukraine après des pourparlers russo-américains


(Photo : afp)

L’Ukraine et la Russie ont mené des attaques réciproques de grande ampleur dans la nuit de mercredi à jeudi, marquées par des tirs de missiles sur Kiev et le lancement de 630 drones vers la région de Moscou, quelques heures seulement après des pourparlers russo-américains visant à mettre fin au conflit.

Des bombardements sur la capitale ukrainienne, impliquant notamment des missiles, ont fait au moins 15 blessés, a annoncé le maire de la ville, Vitali Klitschko. Une partie des infrastructures du métro sur le pont Pivdenny a également été endommagée, a-t-il précisé.

De son côté, le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a indiqué que 630 drones avaient été dirigés dans la nuit vers la région de la capitale russe, faisant deux blessés. La majorité des engins ont été neutralisés par la défense antiaérienne, bien que 163 d’entre eux se soient approchés du périmètre urbain de Moscou.

Ces frappes croisées surviennent au lendemain d’une rencontre à Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie) entre l’émissaire américain Steve Witkoff et le président russe Vladimir Poutine. À l’issue de cette réunion, Donald Trump a affirmé que la résolution du conflit n’avait jamais été «aussi proche».

Cette démarche diplomatique faisait suite à une réunion organisée mardi à Oslo entre des dirigeants européens et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le chef d’État ukrainien y a préconisé un arrêt des combats sur les positions actuelles comme préalable à toute négociation de fond.

À l’issue de trois heures d’entretiens jugés «détaillés et francs», le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a indiqué que Moscou se disait prêt à reprendre des discussions trilatérales avec Kiev et Washington, mais seulement «vers le 10 novembre». Cet échéancier renvoie les négociations après les élections américaines de mi-mandat, sans qu’aucune trêve ne soit envisagée d’ici là sur le front.

Volodymyr Zelensky s’est dit «favorable» à une telle rencontre «dès que possible», soulignant que l’ordre du jour devait porter sur «la fin de la guerre» et la préparation d’un sommet entre dirigeants.

Divergences persistantes sur les conditions d’un accord

Malgré l’optimisme affiché par Donald Trump, qui répète qu’un dénouement est imminent, les positions des belligérants restent profondément divergentes. Vladimir Poutine continue d’exclure tout entretien direct avec Volodymyr Zelensky et maintient son objectif de prendre le contrôle de l’ensemble de l’est de l’Ukraine.

Iouri Ouchakov a par ailleurs estimé que les propositions soumises par Kiev et les Européens lors de la réunion d’Oslo «ne comportaient pas grand-chose».

En parallèle, l’émissaire américain Steve Witkoff, épaulé en visioconférence par Jared Kushner, a vivement remercié le président russe pour la libération d’un ressortissant américain détenu en Russie, Stephen Hubbard. «Vous êtes vous-même un humaniste, monsieur», a déclaré M. Witkoff, une prise de position qui a suscité de vives critiques au sein du Congrès américain, y compris dans les rangs républicains.

Sur les réseaux sociaux, Steve Witkoff a qualifié les échanges de «constructifs», tout en concédant qu’il restait «un travail important à accomplir».

Pression sur la ligne de front

Des tentatives de négociations sous format trilatéral avaient déjà eu lieu en 2025 sans aboutir à des avancées concrètes, avant d’être interrompues par le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient.

Par ailleurs, le Kremlin a évoqué la préparation d’une possible rencontre au sommet entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet de l’Apec prévu en novembre à Shenzhen, dans le sud-est de la Chine.

Sur le plan stratégique, Volodymyr Zelensky a réitéré lors d’un entretien accordé à la chaîne Fox News sa demande d’un «gel» de la ligne de front comme première étape. Cette option demeure rejetée par Moscou, qui exige un accord global préalable et le retrait des forces ukrainiennes des zones encore sous leur contrôle dans la région de Donetsk, une condition jugée inacceptable par Kiev.

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