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Violences : les syndicats déçus, Macron appelle à «la fermeté»


Emmanuel Macron «assume totalement» son déplacement au Proche et Moyen-Orient, assurant qu’il bénéficiera aux Français, notamment sur les prix du gazole. (Photo : afp)

Après une nouvelle nuit de couvre-feux localisés en France, le président Emmanuel Macron a appelé à «la fermeté», avant la nouvelle journée de mobilisation de samedi.

À trois jours de cette nouvelle mobilisation de gilets jaunes et de jeunes, les syndicats sont sortis déçus mercredi de Matignon où, selon la dirigeante de la CGT Sophie Binet, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n’a annoncé «aucune mesure» pour répondre aux multiples contestations. Il n’y a eu «aucune prise en compte de nos revendications», a-t-elle déploré, au terme d’un rendez-vous de deux heures et demie à Matignon.

La CGT, qui avait soutenu la journée du 17 octobre qui avait dégénéré en émeutes et pillages dans plusieurs villes, sera de nouveau présente dans la rue samedi, pour «protéger» ceux qui souhaitent manifester lors de l’«Acte II» de la mobilisation sur le coût de la vie annoncé par une coordination de gilets jaunes.

Pour les syndicats, l’objectif central reste la mobilisation lancée par la quasi-totalité d’entre eux auprès des salariés du privé et du public pour le 5 novembre. «L’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais» à partir de cette date, selon Sophie Binet.

Devant le Sénat, le Premier ministre a expliqué avoir confié un «chantier» au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur les questions de salaires et d’aides aux entreprises. Sur ces sujets, «il faut avancer vite», dit le chef du gouvernement français.

Depuis le Qatar, Emmanuel Macron n’a pas fait d’annonces sur les nombreuses revendications portées par les manifestants (pouvoir d’achat, salaires, justice fiscale, moyens pour l’école et l’université…). Le président a en revanche appelé à «la fermeté» envers les auteurs des violences et convoqué pour ce jeudi une réunion avec les services de renseignement sur les défaillances du 17 octobre.

Emmanuel Macron «assume totalement d’avoir maintenu» ce déplacement et assuré que les Français allaient avoir grâce à cette tournée un «juste retour» sur les prix du gazole notamment.

La stratégie de maintien de l’ordre est questionnée depuis plusieurs semaines. Le Défenseur des droits (DDD) a annoncé mardi avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont «plus d’une dizaine» concernent des faits datant du week-end.

Des figures politiques de tous bords ont de nouveau dénoncé mercredi ce qu’elles perçoivent comme une défaillance du pouvoir. L’ex-chef de l’État François Hollande a attaqué un gouvernement «faible»; le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe a critiqué le maintien du voyage d’Emmanuel Macron dans le Golfe. La favorite des sondages Marine Le Pen (RN) s’en est prise à «un pouvoir finissant» qui «n’a plus la main».

Militaires et blindés seront déployés

La nuit de mardi à mercredi a été «calme», selon le Premier ministre, après l’instauration de plusieurs couvre-feux pour une deuxième nuit consécutive. À Paris, un nouveau couvre-feu a été décrété pour la nuit de mercredi à jeudi dans certains quartiers. À Toulouse, un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche dans le centre-ville.

À Matignon, les syndicats ont déploré que les organisations lycéennes et étudiantes, qui ont demandé il y a près de deux semaines à être reçues par Sébastien Lecornu, n’aient pas été conviées au rendez-vous.

Ces organisations devraient de nouveau être reçues lundi par le ministre de l’Éducation, qui a promis de premières mesures pour répondre aux doléances exprimées sur la plateforme mise en place par le gouvernement.

Sébastien Lecornu doit aussi recevoir ce jeudi les partis politiques, pour revenir sur les événements du 17 octobre et aborder «la sécurisation» de la campagne présidentielle, exigeant de ses interlocuteurs «la condamnation de la violence», selon un courrier aux partis.

Sur les 557 gardes à vue après les violences et pillages commis à Paris, 300 personnes ont comparu pour l’heure devant un magistrat et aucune n’a «revendiqué un mobile de quelque nature politique qu’il soit», a relevé mardi soir la procureure de Paris Laure Beccuau, alors que le gouvernement accuse «l’ultragauche» des violences.

L’important dispositif pour la nouvelle journée de mobilisation sociale samedi prévoit des interdictions de manifester, le recours à des blindés, aux militaires de la force Sentinelle et aux unités d’élite de police et gendarmerie, selon le ministère de l’Intérieur.

Un représentant de la coordination des gilets jaunes du 17 octobre a indiqué avoir déposé une déclaration pour manifester samedi à Paris, avec l’intention d’obtenir un rendez-vous à l’Élysée.

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