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Greenpeace s’alerte du niveau de sécurité de Cattenom


Greenpeace Luxembourg demande aux pays voisins d’examiner les moyens dont ils disposent pour s’opposer à une prolongation de Cattenom 1. (Photo archives editpress/fabrizio pizzolante)

L’ONG environnementale estime que l’état de la centrale nucléaire mosellane ne permet pas le prolongement de son exploitation au-delà de ses 40 ans.

Alors qu’un nouvel incident a eu lieu mardi en fin d’après-midi, entrainant un incendie du réacteur numéro 3, le débat autour de la vétusté de la centrale de Cattenom fait son retour. Une nouvelle étude de Greenpeace Luxembourg montre en effet que le réacteur n° 1 vieillissant de la centrale nucléaire de Cattenom présente d’importantes lacunes en matière de sécurité. L’analyse remet notamment en question la sûreté d’une prolongation de la durée d’exploitation au-delà des 40 ans initialement prévus.

Car au mois d’octobre, le réacteur n° 1 a atteint sa durée d’exploitation initialement prévue. Début 2027, il devrait être mis à l’arrêt pendant environ six mois afin de procéder à sa quatrième visite décennale. Au cours de cette période, des contrôles approfondis, des travaux de maintenance et des opérations de mise à niveau sont prévus. Dans le cadre d’une éventuelle prolongation de la durée d’exploitation, une consultation publique sur les futures conditions de fonctionnement est également à l’ordre du jour.

L’étude montre toutefois que le réacteur ne satisfait pas aux exigences de sécurité actuelles applicables aux centrales nucléaires nouvellement construites et qu’il ne peut pas non plus être entièrement mis à ce niveau au moyen de modifications. «Dans le cas d’installations anciennes comme Cattenom, il existe des différences fondamentales entre la conception technique d’origine et les normes actuelles», rappelle Greenpeace. Selon son rapport, les principales faiblesses concernent notamment des lacunes dans la redondance et la séparation géographique des systèmes de sécurité, ainsi que dans leur résistance aux séismes. S’y ajoutent une protection insuffisante contre certains risques naturels, les chutes d’avions et les attaques de drones. Enfin des problèmes dus au vieillissement de l’installation, à la perte de savoir-faire technique et à des indices de lacunes dans la culture de sécurité sont également à noter.

Un enjeu transfrontalier

«Au vu de ces constats, la question se pose de savoir s’il est responsable de prolonger la durée d’exploitation au-delà des 40 ans.» Car pour Greenpeace, la proximité géographique de la centrale avec le Luxembourg et l’Allemagne fait de sa sûreté un enjeu transfrontalier. La date de publication d’une étude d’impact sur l’environnement, accompagnée d’une étude des conséquences, ainsi que la tenue d’une consultation transfrontalière restent par ailleurs incertaines.

Greenpeace Luxembourg demande donc aux pays voisins d’examiner les moyens juridiques dont ils disposent pour s’opposer à une prolongation de la durée d’exploitation de Cattenom 1. Les conséquences transfrontalières potentielles d’un accident grave rendent indispensable une évaluation transparente des incidences environnementales ainsi qu’une participation adéquate de la population concernée. «Greenpeace Luxembourg demande aux autorités françaises et à EDF de renoncer à toute prolongation de la durée d’exploitation et d’arrêter le réacteur une fois sa durée de vie prévue atteinte, demande déclare Roger Spautz, de Greenpeace Luxembourg. Les mises à niveau peuvent certes améliorer la sécurité, mais elles ne peuvent pas compenser toutes les faiblesses d’une installation construite il y a plusieurs décennies selon d’autres normes.»

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