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Grèce : plus de 10 000 étudiants et enseignants manifestent contre le coût de la vie


(Photo : afp)

Plus de 10 000 étudiants, élèves, enseignants et fonctionnaires ont manifesté mercredi à Athènes ainsi que dans plusieurs grandes villes de Grèce, selon les chiffres de la police et des médias locaux.

Environ 5 000 personnes se sont rassemblées en milieu de journée dans la capitale grecque et 3 000 à Thessalonique, la deuxième ville du pays, a précisé un porte-parole de la police. Un autre cortège à Patras (ouest) a réuni plus de 3 000 personnes, selon la télévision publique ERT.

«Le niveau de l’éducation est très bas […], les écoles manquent de personnel et les bâtiments scolaires sont vétustes», a déploré Maria, une employée municipale d’une cinquantaine d’années rencontrée dans le cortège athénien qui convergeait vers la place Syntagma, face au Parlement.

Élèves et enseignants du secondaire dénoncent la vétusté des infrastructures et la pénurie aiguë d’effectifs. Selon le syndicat des professeurs du secondaire (Olme), il manquerait actuellement 15 000 enseignants dans les établissements du pays.

«En Grèce comme en France, nous réclamons une éducation publique et gratuite», a affirmé Katia Koubousidou, présidente du regroupement des étudiants en philosophie et pédagogie de l’université Aristote de Thessalonique. À Athènes, le lycéen Yannis Papanikolaou s’est félicité des «manifestations en France», estimant que ce mouvement transfrontalier «aide à ce qu’il y ait des changements ici», dans des établissements où «les fenêtres sont cassées et les radiateurs ne marchent pas».

«Partout la révolte»

«Grèce et France, partout la révolte, mêmes problèmes, même ennemi», «De la Grèce à la France, nous nous battons pour une éducation publique et gratuite », proclamaient plusieurs banderoles déployées à Thessalonique. Dès mardi soir, des dizaines d’étudiants avaient installé des tentes à Athènes et Thessalonique pour marquer le début de la contestation.

«Nous avons un plan pour poursuivre nos protestations» car «la situation est devenue insupportable en raison du coût écrasant des études», s’est indignée Katia Koubousidou, ajoutant que les familles «se saignent au quotidien avec le coût de la vie». Malgré de récentes revalorisations, le salaire minimum en Grèce plafonne à 920 euros brut.

Pour Philippos Armen, étudiant en physique à Thessalonique, «les problèmes sont communs à de nombreux pays d’Europe», alors que des mobilisations similaires ont également été observées en Albanie voisine.

La confédération des fonctionnaires (Adedy) s’est jointe au mouvement en débrayant dès la matinée. Saluant à son tour les «manifestations massives du peuple et de la jeunesse en France», l’Adedy réclame des revalorisations salariales et un plan d’urgence pour l’enseignement.

Écoles délabrées et craintes de contagion

Dans les cortèges, plusieurs témoins ont rapporté des incidents liés à la vétusté des bâtiments. Nikos Mavroudis, 17 ans, a fait part de chutes d’enduit récentes dans les sanitaires de son lycée du centre d’Athènes. Il y a peu, un élève de 14 ans a été blessé par la chute d’un morceau de plafond en pleine classe à Thermi, près de Thessalonique. Dans la capitale, un grand établissement secondaire demeure fermé depuis deux semaines à la suite d’une fuite de gaz.

Selon les données d’Eurostat, la Grèce consacrait 3,3 % de son PIB à l’éducation en 2023, contre une moyenne européenne de 4,7 %. En septembre, le pays enregistrait en outre une inflation harmonisée de 5,1 % sur un an, bien au-dessus de la moyenne de la zone euro (3,8 %).

Le gouvernement conservateur cherche à tempérer la situation et récuse tout rapprochement avec le contexte français. Le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, avait assuré lundi que la Grèce ne retournerait «jamais à l’époque de grande agitation sociale» de la crise financière (2009-2018), marquée par des mesures d’austérité drastiques et de violentes vagues de protestation.

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