Moins de casse, mobilisation en retrait et ambiance plus légère pour l’acte IV de la contestation lycéenne. À noter néanmoins quelques confrontations avec les forces de l’ordre.
À Metz, mouvement lycéen et ambiance bon enfant. On est loin des images de violences urbaines apparues les premiers jours. Certes, en cette nouvelle journée d’action, des poubelles brûlent devant les lycées Fabert et Cormontaigne. Lesdits établissements sont éloignés d’un ou deux kilomètres tout au plus et les jeunes, une centaine à tout casser, font une rotation entre les deux sites. Il y a tout de même une furtive confrontation avec la police devant Fabert, sur la voie du Mettis.
Les forces de l’ordre interviennent en effet pour sécuriser l’intervention des pompiers. Une poignée d’individus lancent des cailloux sur les policiers, équipés de tout leur attirail de protection. Ces derniers restent stoïques… jusqu’au moment de «charger». Les jeunes s’enfuient avant de revenir sur place. S’ensuit un petit jeu d’intimidation où les deux camps se fixent (du regard). Mais il n’y aura pas de débordements plus conséquents.
L’après-midi est encore plus calme avec le cortège mené par une intersyndicale, où étudiants et adultes côtoient les lycéens. Les majeurs sont d’ailleurs plus nombreux que les futurs bacheliers dans cette déambulation de 400 âmes, partie de la gare. Dans les rangs, on perçoit surtout une grogne généralisée liée à la situation du pays et à un manque criant de moyens. Un coup d’épée dans l’eau, à quelques mois de la présidentielle?
«Sincèrement, je ne sais pas si ça sert à grand-chose», souffle Nathalie, venue s’assurer de la bonne protection de sa fille dans le cortège. «C’est sa première manifestation. Elle est au lycée George-de-La-Tour. À part un manque de papier toilettes, il n’y a pas de problème là-bas. Ma fille est surtout venue soutenir ses copines des autres lycées.»
Des poubelles en feu à Thionville
À Thionville, un seul acte de mobilisation lycéenne s’est déroulé jeudi. À 8 h 30, près de 150 jeunes se sont réunis sur le parking de l‘établissement Rosa-Parks.
«La cantine du lycée est trop petite. On est presque 1 500 ici. On a peu de temps pour manger et quand on arrive une minute en retard aux cours, on nous colle une heure d’absence injustifiée», peste Dania, lycéenne en première professionnelle.
Sa copine Lizzy embraye : «J’ai une spécialité commerciale. Ma professeure s’est cassé le pied, pendant un mois on n’a pas eu de remplacement. On est là pour un tas de problèmes. Nous ne sommes pas aidés pour trouver des stages, on a des journées trop longues avec parfois des trous de quatre ou cinq heures entre deux cours…»
Au milieu des jeunes, un homme d’environ 40 ans, professeur à Rombas, prend la parole. «Plus vous vous mobiliserez, plus ils vous écouteront. Mais il ne faut pas faire de provocation.»
Une quinzaine de policiers qui quadrillent le parking observent la scène. «C’est plutôt calme même s’il y a eu quelques feux de poubelles. On garantit le service public de l’éducation. On laisse passer ceux qui veulent aller en cours», commente Emmanuel Cotinaut, commissaire adjoint à Thionville.
La préfecture de Moselle a, en fin de compte, constaté des regroupements d’élèves à Metz, au Ban-Saint-Martin, à Thionville, Rombas, Saint-Avold, Freyming-Merlebach et Sarreguemines. Un policier a été blessé en marge des rassemblements précités.
Les forces de l’ordre ont procédé à 12 interpellations consécutives à des jets de projectile et de mortier, participation à des faits de violence, dégradation de biens publics, détention de bidon d’essence et d’armes par destination, tentative d’incendie.
L’entrée du lycée Loritz de Nancy en feu
La porte du lycée Loritz à Nancy a été brûlée par des «casseurs» en début d’après-midi, jeudi.
Vers 14 h, 5 à 10 individus extérieurs à l’établissement ont tenté de pénétrer à l’intérieur. La direction et des agents les en ont empêchés, avant de rentrer et de cadenasser la porte. Le groupe a alors empilé des poubelles et autres objets devant la porte et a mis le feu. Les agents ont vainement tenté d’éteindre le début de sinistre.
Les pompiers dépêchés sur les lieux ont attendu une escorte policière pour éteindre les flammes qui avaient pris consistance.
Bilan des opérations : l’armoire électrique de l’établissement a été sérieusement endommagée, le lycée est également privé de réseau informatique et de sécurité incendie. Il est donc fermé pour une durée indéterminée.