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L’agitation lycéenne s’est poursuivie en Lorraine mercredi


Après les grosses manifestations de mardi, l'intensité de la mobilisation a légèrement baissé en Lorraine mercredi. (Photo : le républicain lorrain)

La contestation lycéenne s’est poursuivie ce mercredi en Lorraine. Moins forte que celle de mardi, elle a néanmoins été le théâtre de feux de poubelles, d’affrontements en ville et d’arrestations de mineurs.

Moins intense que les dernières, la mobilisation des lycéens a tout de même été conséquente. Un feu de poubelle s’est ainsi déclaré ce mercredi matin devant le lycée professionnel des métiers du bâtiment Léonard-de-Vinci, à Montigny-lès-Metz. Une vingtaine de jeunes se trouvaient devant l’établissement, d’après le maire Jean-Luc Bohl.

«Des individus ont incendié une poubelle et ont tenté de la déplacer jusqu’au préau, mais la police municipale est arrivée juste à temps pour les en empêcher», a rapporté l’édile. Les jeunes, quant à eux, qui ne seraient pas des élèves du lycée, ont pris la fuite derrière le bâtiment où ils ont été stoppés dans leur élan par les fonctionnaires de la police nationale. Trois mineurs ont été placés en garde à vue. Vendredi matin, des poubelles avaient déjà été incendiées sur le parvis du lycée, ce qui avait entraîné un important dégagement de fumées et d’impressionnantes flammes.

À Nancy, la situation a été beaucoup plus tendue avec des affrontements entre jeunes et policiers. Dans la rue Saint-Jean, certains commerçants se sont barricadés. Après le magasin JD Sports, ciblé et volé lors d’une intrusion de casseurs la semaine dernière, Snipes, enseigne de streetwear, et Avril, magasin de cosmétiques situés juste en face, ont fait installer eux aussi des plaques de panneaux OSB sur leurs vitrines. «Oui, on a peur», confie une vendeuse. «On s’enferme à clé dès que ça devient tendu. On ne veut pas prendre de risques.» La place Charles-III a aussi été concernée par ces débordements et des tirs de gaz lacrymogènes.

À Pont-à-Mousson, après les heurts des derniers jours, le calme est revenu sur la rive droite de la ville. Si, mardi matin, cinq jeunes ont été interpellés, suspectés d’être les responsables de tirs de mortier en direction des forces de l’ordre, mercredi matin, les abords du lycée Hanzelet ont retrouvé leur quiétude.

Devant l’entrée de l’établissement, le proviseur accueillait élèves et enseignants avant de réunir son conseil pédagogique pour préparer le temps de démocratie interne voulu par le Premier ministre. «On n’a pas eu de gros problèmes dans l’établissement, mais ça nous paraissait favorable d’organiser ce temps d’échange dans les classes pour remettre les revendications des lycéens sur la table», précise Jean Louis Hoffstetter, qui regrette que le mouvement soit «perturbé par des jeunes qui veulent en découdre avec la police et qui déstabilisent les lycéens qui voulaient simplement manifester».

Si une nouvelle mobilisation des lycéens ne l’empêche pas, ce temps de dialogue est prévu de 10 h à 12 h, ce jeudi matin.

(Le Républicain lorrain)

Une semaine noire

La mobilisation lycéenne en France a observé un répit mercredi, au moment où le gouvernement a multiplié les signes d’apaisement pour mettre fin à la crise et à la veille d’une nouvelle journée d’actions prévue jeudi, «acte IV» du mouvement. Selon le ministère de l’Éducation nationale, le mouvement était en «net recul» mercredi à la mi-journée. Mais il a reçu le soutien de plusieurs syndicats qui appellent à une journée de grève et de manifestations jeudi.

Et une majorité de Français (55 %) sont bien disposés à l’égard de la mobilisation : 26 % déclarent la soutenir et 29 % expriment de la sympathie pour celle-ci, selon un sondage Elabe pour BFMTV. Au total, 459 établissements ont connu mercredi une suspension totale ou partielle des cours (276 totalement, 183 partiellement), contre 891 mardi, a indiqué le ministère, ajoutant que «les actions et perturbations» concernaient 232 établissements, contre 496 mardi.

Le mouvement pourrait reprendre de l’ampleur ce jeudi, plusieurs syndicats de l’Éducation nationale – le SNES-FSU, la CGT, FO et SUD – ayant appelé à une journée de grève et de manifestations en soutien à la mobilisation des lycéens.

À la veille de cet «acte IV», le gouvernement a multiplié les signes d’apaisement à l’intention de jeunes qui, pour certains, ont repris le chemin des cours, mais pour d’autres continuent les blocages. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes «tant que la lumière n’a pas été faite» sur celle qui a blessé un adolescent de 15 ans à Lens (Pas-de-Calais).

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