4e JOURNÉE EN ENOVOS LEAGUE Cantonnés au fond de la classe depuis des années, les Musel Pikes semblent retrouver des couleurs. Et après le T71 et l’Arantia, ils visent le scalp d’un autre cador annoncé : la Résidence!
Depuis plusieurs saisons, les Musel Pikes luttent pour le maintien. Qu’il semble loin le temps où les Mosellans occupaient le devant de la scène. La dernière fois, c’était juste avant que le covid n’arrête tout alors que les Mosellans s’apprêtaient à disputer une finale de Coupe contre Etzella. Depuis? Des saisons très compliquées, à l’image des trois dernières où ils se sont à chaque fois sauvés à l’issue des barrages contre le troisième de N2.
Avant le début du présent exercice, Phil Dejworek, de retour sur le banc mosellan, se montrait plutôt optimiste : «Je pense qu’on peut jouer les play-offs», indiquait le technicien allemand. Un mantra? Un vœu pieux? Force est de constater qu’après trois premières journées, les Pikes sont dans le bon tempo. Après une première défaite d’un point contre le promu Gréngewald, les joueurs de Stadtbredimus ont renversé la tendance en s’offrant le scalp de deux ténors annoncés : le T71 et l’Arantia.
Sam Streef, le capitaine par intérim, est forcément très satisfait de cette entame de saison : «Notre début de saison est très positif. Surtout en sachant qu’on a dû faire face à de nombreuses blessures dès le début. Au vu de la situation, c’était difficile d’espérer mieux.»
En effet, il convient de souligner que ces premières rencontres se sont disputées sans l’emblématique capitaine Tom Welter, mais également sans le jeune et ô combien talentueux international Ange Oth, tous deux blessés.
Comment expliquer ce départ tonitruant, même si, on le rappelle, on n’a joué que trois matches? Pour l’arrière des Pikes, cela vient d’abord de la cohésion : «Avec toutes ces blessures, on est dans une situation difficile. Mais personne n’a baissé la tête. On est restés soudés, certains joueurs ont trouvé leur place dans la rotation, ont pris davantage de responsabilités. On s’est battus ensemble et on a été récompensés par ces victoires. Abandonner n’a jamais été une option.»
Ça donne en tout cas deux belles victoires, pas forcément attendus contre des adversaires supposés être bien plus forts : «Ce sont quand même des victoires bonus», reconnaît Sam Streef. Qui pense que l’équipe est plus forte que la saison dernière : «Avec Johan (Bouttet) et Steve (Lanners), on a recruté deux très bons joueurs qui nous apportent énormément. Ils ont tous les deux un très bon tir, ce qui était une de nos faiblesses par le passé. Mais ils apportent aussi beaucoup humainement. Ils se sont très bien intégrés au groupe et représentent une vraie plus-value pour l’équipe.»
Sans oublier, dans l’équation, le coach : «Phil connaît le club, il connaît déjà pratiquement tous les joueurs. Il n’a pas eu besoin d’un long temps d’adaptation.»
Autre explication, peut-être, une nouvelle règle qui n’a aucune influence pour les Pikes, puisqu’ils jouent avec deux Américains qui passent 40 minutes sur le parquet. Ce qui veut dire pas de prise de tête, pas d’ego à gérer ni de besoin de jongler entre trois ou quatre étrangers qui réclament du temps de jeu.
Tous ces facteurs permettent ainsi de faire partie des sept équipes leaders au championnat. Avant un déplacement sur le parquet de la Résidence.
La Résidence demande du temps
«Ça va être un match très difficile pour nous. La Résidence est clairement favorite, d’autant plus qu’on jouera encore sans Ange ni Tom.» Mais pas question pour autant de partir battus : «On va aborder ce match comme les précédents. On sait qu’on doit donner 100 %, jouer ensemble et simplement faire notre jeu. On va essayer de les embêter un peu et on verra ce qui est possible à la fin.»
Sur le papier, la Résidence est, effectivement, plus forte. Elle fait même partie des favoris de la saison avec les renforts de Lazar Lukic, Mykolas Maindron ou encore du vétéran Dean Gindt. Seulement, Walferdange a connu du retard à l’allumage avec une courte défaite contre le Basket Esch, une large victoire devant Gréngewald et un lourd revers sur le parquet du T71 la semaine dernière.
Le capitaine Tom Schomer réclame du temps : «On a beaucoup de nouveaux joueurs, beaucoup qui peuvent jouer à l’intérieur, cela prend du temps pour s’habituer et, pour le coach, de trouver les bonnes rotations.» Il rappelle que les deux premiers matches se sont déroulés en l’absence d’Oli Vujakovic, suspendu, et de leur troisième Américain, qui s’est blessé avant le début de la saison : «Contre Esch, on ne perd que de quatre points. Si on a ces deux joueurs, je pense que le résultat final peut être différent.»
En revanche, pas d’excuse pour le match face au T71 : «On était dans le coup pendant un peu plus de trois quarts, mais après on a fait des gaffes en défense. Et ils ont très bien tiré.»
Ne comptez pas sur les Walferdangeois pour se croire arrivés avant le match des Musel Pikes : «Ça ne va certainement pas être facile. Je pense qu’ils ont des Américains très forts, les Luxembourgeois ont fait de bons matches. Il faut les respecter et c’est ce qu’on va faire.»
La Résidence s’appuiera notamment sur son excellent meneur US Demarkus Stuckey et sur ses intérieurs Desean Hampton et Ahmad Rand au sein d’une formation qui peut vraiment jouer très grand.
Alors, succès «logique» à la maison ou nouvel upset contre un gros de la part de Musel Pikes sans complexe?
En tout cas, un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte, samedi, du côté de la salle Prince-Henri.