Sa trilogie sur Star Wars, dont le dernier volet sort en 2027, s’est écoulée comme des petits pains. Laurent Hopman remet ça en s’attaquant aux coulisses d’un autre monument de la pop culture : la série Friends. Rencontre.
George Lucas a adoubé sa version sur la genèse chaotique de Star Wars et Michael Jackson l’a fait travailler à ses côtés : l’auteur touche-à-tout Laurent Hopman continue son exploration de la pop culture avec un roman graphique sur les coulisses de la série Friends. Comme dans Les Guerres de Lucas, roman graphique imaginé en trois tomes sur le tournage des premiers Star Wars, traduit en 20 langues (et dessiné par Renaud Roche), l’ancien journaliste devenu scénariste retrace dans Nos meilleurs amis, qui paraît ce mercredi, les origines mouvementées de la sitcom qui captiva une partie du globe pendant dix ans. Toujours édité chez Deman, l’illustration est pour le coup assurée par Isaac Jadraque.

«Ce qui m’intéresse, c’est de casser l’idée reçue selon laquelle il était écrit d’avance que des monuments de la pop culture comme Friends ou Star Wars allaient devenir de grands succès», explique Laurent Hopman. «Cela n’avait en fait rien d’évident. Il a fallu de la chance, beaucoup de travail et de combativité». Dans ce qu’il raconte, George Lucas a ainsi failli mille fois être lâché par les studios avant de lancer le premier volet de Star Wars, tandis que les cocréateurs de Friends ont dû batailler pour imposer les aventures de Monica, Chandler et consorts à la chaîne NBC au milieu des années 1990.
300 000 exemplaires vendus
«Ce qui me fascine, c’est à quel point le facteur humain reste déterminant dans la fabrique du succès», dit le quinquagénaire, qui semble avoir lui-même identifié quelques ingrédients de la réussite. Les Guerres de Lucas, dont le troisième tome est attendu pour la fin 2027, s’est écoulé à 300 000 exemplaires, a été salué par George Lucas en personne et a lancé une vague de récits de tournages dans la BD (comme cette année Les Dents de l’enfer de Mahi Grand, qui revient le tournage apocalyptique du chef-d’œuvre de Steven Spielberg).
Quand on passe de l’autre côté du miroir, le côté « fan » en prend forcément un coup
Dans une précédente vie, Laurent Hopman avait déjà goûté au succès avec une aventure éditoriale qui lui a fait côtoyer le roi de la pop en personne, Michael Jackson. «C’était ahurissant!», convient-il. L’histoire commence en 1992. Laurent Hopman, jeune diplômé en anglais, lance avec son ami Julien Derain une revue trimestrielle de fans de l’artiste baptisée Black & White. Les deux compères ne connaissent rien à la presse et les premiers numéros font un flop jusqu’à ce que le vent tourne.
Le «Dangerous Tour» de Michael Jackson passe alors par la France et le troisième numéro de Black & White prend soudain la lumière, à la faveur notamment d’un passage télé sur Canal+. «On est passé d’un magazine qui ne fonctionnait pas du tout à un énorme chiffre de vente», raconte Laurent Hopman. Quelques mois plus tard, un fax de MJJ Productions, la société de Michael Jackson, grésille dans leur petit local et leur apprend que la star a eu en main leur magazine, l’a adoré et voudrait faire leur connaissance.
MJ dans un «état second»
La rencontre se noue en septembre 1993 à Tenerife, sur les îles Canaries. «C’était un peu surréaliste parce qu’il était dans un état second. C’était difficile de connecter avec lui», raconte Laurent Hopman. «Il parlait davantage aux deux enfants qui l’accompagnaient». Ce premier rendez-vous marquera le début d’une collaboration au long cours pour promouvoir la star dans leur magazine, en évitant les sujets qui fâchent et notamment les accusations récurrentes de pédocriminalité.

«On a travaillé avec lui pendant une dizaine d’années, on l’a suivi aux quatre coins du monde, sur le tournage de clips ou en studio», affirme Laurent Hopman, par ailleurs auteur de la seule biographie autorisée de la star (Michael Jackson HiStory, 1995). De cette expérience, achevée avec la mort du chanteur en 2009, Laurent Hopman a gardé le goût d’explorer les coulisses – de Star Wars, Friends et prochainement du film tiré de la saga The Lord of the Rings – même au prix de petites désillusions. «Quand on passe de l’autre côté du miroir, le côté « fan » en prend forcément un coup», dit-il dans un souffle.
Nos Meilleurs amis –
La véritable histoire de Friends,
de Laurent Hopman & Isaac Jadraque.
Deman Éditions.