Le ministre des Finances, Gilles Roth, a dévoilé ce mercredi matin son projet de budget de l’État pour 2027. Les 35,8 milliards d’euros de dépenses sont contrebalancés par 33,9 milliards d’euros de recettes, avec à la clé un déficit prévisionnel de 1,9 milliard d’euros.
Le gouvernement continue de miser sur une politique budgétaire anticyclique, dans un contexte économique qui reste compliqué. Selon les dernières prévisions du Statec, le Luxembourg pourra toutefois compter sur une croissance du PIB de 1,2 % en 2026 et 1,9 % en 2027.
«Que fait-on en période d’incertitude, lorsque les citoyens ressentent la pression au quotidien? Notre réponse est claire : nous investissons, nous allégeons les charges, nous renforçons le pouvoir d’achat, nous soutenons les entreprises. Et nous gardons les finances publiques sous contrôle. C’est cela, une politique anticyclique. Anticyclique ne signifie rien d’autre qu’une politique en faveur des citoyens et de la relance», a exposé le ministre Gilles Roth lors de son discours devant la Chambre des députés.
Le projet de budget est d’ailleurs placé sous le leitmotiv : «Fir d’Leit. Fir Opschwong», en français «Pour les citoyens. Pour la relance».
Les dépenses vont augmenter de 32,6 milliards d’euros en 2026 à 35,8 milliards d’euros en 2027. Les recettes augmentent aussi, de 31,1 milliards d’euros à 33,9 milliards d’euros.
Le déficit prévisionnel pour l’État central est de 1,9 milliard d’euros pour 2027. Le solde négatif annoncé pour 2026 – 1,49 milliard d’euros – est entretemps estimé à 1,89 milliard d’euros, et ce en dépit d’une évolution favorable des dépenses et recettes courantes. Fin septembre, les finances publiques affichaient un léger déficit de 339 millions d’euros.
Investissement record de 4,5 milliards d’euros
La dette publique reste inférieure à la marque des 30 % du PIB : 29,3 % fin 2026, avant une légère baisse à 26,8 % à l’horizon 2030.
Le ministre des Finances met l’accent sur un investissement record de 4,5 milliards d’euros.
Les grandes priorités sont le renforcement de la cohésion sociale, l’accélération des investissements dans les infrastructures et la sécurité, le renforcement de la compétitivité tout comme l’engagement pour un Luxembourg durable.
Près de la moitié des dépenses reste consacrée aux transferts sociaux (47 %).
Le volume global des allocations familiales augmente de 152 millions d’euros en 2027, tandis que les dépenses de la Caisse pour l’avenir des enfants atteindront près de 1,8 milliard d’euros.
L’éducation et l’accueil des enfants mobiliseront 5,2 milliards d’euros, dont près de 1 milliard d’euros pour les structures d’accueil.
Dans le domaine de la mobilité, 825 millions d’euros seront investis via le Fonds du rail, 66 millions d’euros dans l’extension du tram et 532 millions d’euros dans les infrastructures routières.
«Placé sous le signe de la solidarité»
Les dépenses du Fonds hospitalier passant de 234 millions d’euros en 2026 à 471 millions d’euros en 2030.
Le budget de la police atteindra environ 600 millions d’euros et permettra la création de 160 nouveaux postes en 2027. Le CGDIS disposera de près de 186 millions d’euros pour poursuivre le renforcement des capacités de secours et d’intervention.
L’effort de défense atteindra 2,1 % du Revenu national brut (RNB), soit près de 1,4 milliard d’euros en 2027.
«Ce budget est placé sous le signe de la solidarité. Il est synonyme de finances publiques solides, d’investissements record dans la population, de davantage de pouvoir d’achat, de meilleures infrastructures, de perspectives pour les jeunes, d’emplois et de prospérité», appuie Gilles Roth.
Carole Hartmann (DP) est la rapportrice du budget 2027. La députée va coordonner les travaux parlementaires qui mèneront à un vote en séance plénière, à la mi-décembre.