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Le Nobel de chimie revient à un duo franco-japonais


Peter Somfai, membre du comité Nobel de chimie, annonçant les lauréats du prix Nobel de chimie 2026 à l'Académie royale des sciences de Suède, à Stockholm, ce mercredi. (Photo : afp)

Le prix Nobel de chimie a été décerné mercredi au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai pour avoir élucidé le mystère expliquant pourquoi une seule des deux formes de certaines molécules apparaît dans la nature, une découverte majeure pour le développement de médicaments.

«Leurs découvertes ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques», a salué le comité Nobel dans un communiqué.

Une partie de ce secteur, la catalyse asymétrique, avait déjà été primée en 2001. Mais pas le professeur Kagan, considéré, en France et dans le monde, comme le «père» de cette technique. Ce qui avait suscité à l’époque les protestations du ministère français de la Recherche.

Henri Kagan, 95 ans, que l’Académie Nobel n’a pas réussi à joindre, est aujourd’hui professeur émérite à l’université Paris-Saclay.

Kenso Soai, 76 ans, est lui professeur à l’université des sciences naturelles de Tokyo. Il était en train de faire les courses, près de chez lui, quand on lui a annoncé la bonne nouvelle.

«C’est le jour le plus incroyable de ma vie», a réagi le lauréat, joint par téléphone par la Fondation Nobel.

«Je pense que notre prix devrait amener les gens à reconnaître l’importance de la chiralité des molécules. Je suis donc particulièrement heureux à cet égard», a-t-il ajouté.

Comme les mains, certaines molécules, dites chirales, peuvent avoir des versions «droite» ou «gauche», selon la façon dont elles reflètent la lumière. Avec des propriétés physiques identiques mais des propriétés biologiques très différentes.

La chimie est le troisième prix scientifique des Nobel, après la médecine et la physique, attribués lundi et mardi.

En 2025, le prix avait distingué de nouvelles structures moléculaires capables d’emprisonner des gaz.

Cette année, plusieurs secteurs radicalement différents tiraient leur épingle du jeu chez les experts qui tentaient de deviner le ou les lauréats — des recherches sur la thérapie génique aux hormones du sommeil, en passant par les travaux autour de la formation de monocouches auto-assemblées.

En plus d’être l’une des récompenses les plus prestigieuses de la planète, le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros.

Littérature jeudi, la paix vendredi

Après la chimie, ce sera au tour de la littérature jeudi.

L’auteur hongrois László Krasznahorkai a été récompensé l’année dernière et plusieurs experts sondés s’attendent à ce que le prix revienne cette fois à une écrivaine non européenne.

Peut-être l’Américano-Antiguaise Jamaica Kincaid, connue surtout pour son roman Lucy, ou encore la Chinoise Can Xue.

Le point d’orgue de cette saison des récompenses sera incontestablement le prix Nobel de la paix, qui sera remis vendredi.

Les chances de voir Donald Trump récompensé sont quasi nulles, mais le président américain sera à nouveau dans tous les esprits après la campagne inédite qu’il a menée en faveur de sa candidature l’an dernier.

Cette année encore, le comité se sait observé.

Le prix d’économie clôturera la saison Nobel le 12 octobre.

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