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Brochure du GERO : avec l’âge, chaque verre compte davantage


(Photo d'illustration : unsplash)

Un groupe de travail luxembourgeois consacré à la santé mentale des seniors a publié un guide sur la consommation d’alcool après 65 ans. Son message : les risques augmentent avec l’âge, mais il n’est jamais trop tard pour réduire.

Le petit verre de vin au dîner, sans grosse conséquence à 40 ans, ne l’est plus forcément à 65 ans. C’est le constat de départ de la brochure L’Alcool chez les personnes âgées : comprendre les risques pour préserver sa santé. Elle a été élaborée par le groupe de travail Santé mentale des personnes âgées, qui réunit le GERO, le Cnapa, la Ligue santé mentale, le ZEV, Servior, la commune de Hesperange et le Service Senior+ de Sanem. Les ministères de la Santé et de la Famille soutiennent la publication.

La brochure explique d’abord pourquoi l’alcool agit différemment avec l’âge. La masse grasse augmente et la quantité d’eau dans l’organisme diminue. Or l’alcool se répartit surtout dans l’eau corporelle. À consommation égale, l’alcoolémie est donc plus élevée. Le métabolisme ralentit aussi, si bien que l’alcool est éliminé plus lentement. Résultat : ses effets sont «à la fois plus marqués et plus durables».

Fatigue, vertiges, troubles de la mémoire et de l’équilibre, chutes : les auteurs relèvent que «bon nombre de ces troubles sont souvent attribués au vieillissement normal», alors que l’alcool peut en être la cause.

Le guide insiste sur les interactions avec les traitements. Selon la brochure, «plus de la moitié des personnes âgées de 65 ans et plus prennent régulièrement plusieurs médicaments». Les risques sont détaillés pour plusieurs familles de médicaments. Avec les somnifères, les tranquillisants et les opioïdes, l’alcool peut provoquer une dépression respiratoire. Avec les antidiabétiques, il expose à l’hypoglycémie. Avec les antidépresseurs, à des problèmes hépatiques, entre autres.

La fin du mythe du verre de vin

Le document balaie aussi une idée tenace. On a longtemps cru que le vin, consommé en petites quantités, avait des effets bénéfiques. Or selon la brochure, «les études les plus récentes ne confirment pas cette hypothèse». Les auteurs sont clairs : «Pour préserver votre santé, il est recommandé de ne pas en consommer.»

Le guide aborde également la solitude. Retraite, deuil ou problèmes de santé peuvent pousser à boire davantage, alors qu’à long terme l’alcool «peut accentuer le mal-être, la tristesse ou le sentiment de solitude». Comment aller mieux? La brochure encourage vivement «les relations sociales, l’activité physique et la participation à des activités collectives (qui) contribuent au bien-être psychologique. Elles permettent de mieux faire face au stress, au deuil ou à la solitude et constituent des ressources plus bénéfiques et plus durables que l’alcool».

Le ton reste encourageant. Réduire sa consommation apporterait davantage d’énergie en quelques jours, un meilleur sommeil après deux à quatre semaines et une autonomie accrue après quelques mois. «Il n’y a pas d’âge pour adopter des habitudes favorables à sa santé», conclut la brochure. Elle propose aussi un court test d’autoévaluation et renvoie notamment vers le Cnapa (tél. : 49 77 77-55) et vers suchtberodungonline.lu.

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