Accueil | Monde | Le chancelier allemand Merz en visite en Ukraine, un pont de Kiev attaqué de nouveau

Le chancelier allemand Merz en visite en Ukraine, un pont de Kiev attaqué de nouveau


Volodymyr Zelensky et Friedrich Merz, sur le site de l’Académie des sciences à Kiev, ce dimanche matin. (Photo : afp)

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, s’est rendu dimanche à Kiev pour une démonstration de soutien à l’Ukraine au moment où la capitale fait face à une recrudescence des attaques russes, qui ont de nouveau visé un pont.

Deux des huit ponts que compte Kiev et qui permettent de traverser le fleuve Dniepr ont été visés ces derniers jours par des drones à réaction russes, difficiles à intercepter, provoquant de gigantesques embouteillages.

«Impact avec la chaussée sur le pont du Nord. Les services d’urgence se rendent sur place», a annoncé dans la matinée le maire Vitali Klitschko sur Telegram. Peu auparavant, les autorités ukrainiennes avaient émis une alerte aux drones se dirigeant vers la capitale.

Friedrich Merz est de son côté arrivé dans la matinée à Kiev, disant dans un communiqué être venu car «l’Ukraine a besoin de tout notre soutien dans les semaines à venir». «Si la Russie n’est pas stoppée, sa machine de guerre se retournera tôt ou tard contre nous», a-t-il affirmé.

Des sirènes antiaériennes ont retenti à plusieurs reprises et un journaliste de l’AFP a entendu de lointaines explosions lorsque le chancelier allemand s’est rendu aux côtés du président Volodymyr Zelensky sur le site de l’Académie des sciences de Kiev, récemment endommagée par une attaque russe.

«Journées épouvantables»

«C’est ici que l’on peut constater toute l’absurdité de cette guerre», a déclaré Friedrich Merz, ajoutant : «Ces attaques barbares contre la population civile ukrainienne doivent cesser.»

Volodymyr Zelensky a lui souligné à ses côtés que la capitale ukrainienne vit «une situation terrible, des nuits et des journées épouvantables». «Il est essentiel que l’Ukraine ne soit pas laissée seule face à cette terreur», a-t-il ajouté dans un message sur Telegram.

Selon des sources gouvernementales à Berlin, Friedrich Merz doit annoncer une nouvelle aide militaire d’environ un milliard d’euros pour l’Ukraine, notamment destinée à la défense contre les drones à réaction russes, de plus en plus utilisés.

Il doit aussi promettre 350 millions d’euros d’aide destinés aux infrastructures ukrainiennes avant l’hiver, période critique lors de laquelle l’Ukraine craint des frappes russes massives sur ses centrales, comme en 2025 lorsque des millions de personnes s’étaient par moments retrouvées sans courant ni chauffage par des températures glaciales.

«Des accords importants seront conclus entre l’Ukraine et l’Allemagne», a indiqué de son côté Volodymyr Zelensky.

Impopulaire dans son pays, Friedrich Merz arrive en Ukraine après de cinglantes défaites électorales régionales face au parti d’extrême droite AfD, qui prône un arrêt de l’aide à Kiev et une normalisation des relations avec Moscou. Ce parti arrive en tête des intentions de vote au niveau national.

Sa visite arrive aussi au lendemain d’un appel de la Russie suggérant aux diplomates et étrangers se trouvant à Kiev de quitter la ville, avant de nouvelles «frappes de représailles massives» contre «des cibles militaires à Kiev et dans d’autres villes ukrainiennes».

Kiev «saccagée»

La capitale ukrainienne a été particulièrement prise pour cible ces dernières semaines par des vagues quasi quotidiennes de drones, au moment où l’Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens et à un gigantesque déficit budgétaire que les Européens peinent à combler.

Vitaly Klitschko avait qualifié vendredi la situation dans la capitale d’«extrêmement dramatique» et estimé que Moscou était en train de «saccager» la ville en s’en prenant systématiquement à ses infrastructures et à sa logistique.

L’Ukraine et la Russie ont nettement fait monter en puissance leurs frappes à longue portée ces derniers mois, visant un nombre croissant de sites civils et faisant toujours plus de victimes.

La Russie a dévasté par ses frappes le secteur de la métallurgie de l’Ukraine et mis à l’arrêt une grande partie de ses exportations agricoles par la mer Noire, portant un coup à l’économie.

L’Ukraine vise de son côté des raffineries et dépôts de pétrole en Russie, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ou encore des entrepôts des géants du e-commerce Wildberries et Ozon.

Les attaques contre les raffineries russes ont attiré les critiques répétées du président américain Donald Trump, qui estime que celles-ci aggravent la pénurie de diesel mondiale.

Volodymyr Zelensky a cependant indiqué à plusieurs reprises que l’Ukraine poursuivrait ces frappes. À la tribune de l’ONU, fin septembre, il a promis de rendre l’hiver «pénible également pour la Russie».

Son homologue russe Vladimir Poutine a lui rejeté cette semaine toute idée de trêve dans les frappes à longue portée, plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.