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Blocage des lycées : un vendredi sous haute tension, syndicats et lycéens reçus par le ministre


Le mouvement de blocage des lycées s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France (Photo : afp)

Le mouvement lycéen se poursuit vendredi, avec près de 400 établissements fermés. Face aux tensions et aux violences, le ministre de l’Éducation tente de renouer le dialogue.

Quatre cents lycées fermés par les autorités, des cours annoncés en distanciel: le mouvement des lycées se poursuit vendredi sous haute tension, alors que le ministre de l’Education rencontre syndicats et associations lycéennes.

«Aujourd’hui notre établissement est bloqué face au manque de moyens, de profs, pas assez de tables. On n’a pas d’infirmières pas de surveillants et tout ce qu’on fait pour nous c’est nous enlever nos téléphones», résume Juliette Masson, une élève de 17 ans, en terminale au lycée Clémenceau de Montpellier. (Avec Parcoursup, ndlr), on joue notre avenir avec un algorithme, rien ne va. Ça fait peur ce qui s’est passé hier et on en a marre des casseurs».

Le mouvement de blocage des lycées s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des «violences urbaines» dont il impute la responsabilité à La France insoumise. Près de 400 lycées (sur les 3.700 dans le pays) étaient fermés vendredi, de nombreux établissements prévoyant d’assurer les cours à distance, a indiqué le ministre de l’Education Edouard Geffray.

A la mi-journée, «564 établissements ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée», a souligné le ministère de l’Education.

Pour le moment, la mobilisation et les incidents semblent moindres ce vendredi, mais la situation reste difficile à évaluer. En Ile-de-France,«55 lycées sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations», selon la région.

A Paris, deux entrées de lycées parisiens ont été endommagées par le feu, et un agent de la région Ile-de-France, blessé, a été pris en charge par les pompiers au lycée Molière dans le seizième arrondissement de Paris. A Marseille, «quelques incidents sont à déplorer depuis cette nuit dans le département. Toutefois, de manière générale, la situation reste maîtrisée à cette heure», selon la police.

Pour Lyon et son agglomération, où de nombreux lycées sont restés fermés, 28 établissements ont été concernés par des actions à des degrés divers (rassemblements, tirs de mortiers, feux de poubelles…) et les forces de l’ordre ont procédé à 17 interpellations, selon la préfecture.

Dans la Drôme, il y a eu neuf interpellations et une policière blessée au genou lors d’une intervention dans un lycée de Montélimar a dû être transférée à l’hôpital, d’après une source proche du dossier. A Rennes, des lycéens bloquaient un important axe de la ville avec barricade et drapeau palestinien, provoquant l’énervement des automobilistes.

Renouer le dialogue 

Edouard Geffray a demandé l’aide des parents : «dans la rue, les enfants sont en danger», a-t-il souligné sur BFMTV. Afin de renouer le dialogue, le ministre rencontre depuis la matinée les syndicats de l’éducation et associations lycéennes, dont l’Union syndicale lycéenne, fer de lance de la mobilisation, et des parents d’élèves, ainsi que les élus du Conseil national de la vie lycéenne.

La secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et lycées, a qualifié ce temps d’échange de «nécessaire», à l’issue de deux heures de réunion. «Cela a permis de mettre des constats sur la table, mais aussi de rappeler qu’on ne pourra pas sortir de cette crise sans réponse politique nationale», a-t-elle estimé.

En matinée, le ministre avait estimé que «l’une des difficultés de ce mouvement, c’est qu’il n’y a pas de revendication nationale. Tout est parti de revendications locales».

Le début du mouvement avait débuté le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en soutien aux professeurs en grève contre le manque de personnel et de moyens, avant de prendre de l’ampleur la semaine dernière en Ile-de France et de s’étendre en France cette semaine.

Élisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du SE-Unsa, a insisté sur la nécessité de préparer «l’étape d’après» car «on ne pourra pas garder éternellement des établissements fermés».

Jeudi, «1.027 établissements», sur environ 3.700 lycées en France, «ont été concernés par le mouvement lycéen», selon le ministère de l’Intérieur qui a comptabilisé près de 2.000 interpellations. Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, a détaillé le ministre Laurent Nuñez condamnant «une violence débridée».

M. Geffray a précisé que 65 personnels de l’Éducation nationale – dont 40 proviseurs – et 170 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, et que «plus d’une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères».

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants afin de leur faire «payer les réparations», a-t-il dit vendredi sur RTL. A sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.

Selon les services du Premier ministre, le mouvement serait une «manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche». Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché à Matignon de «sombrer dans le complotisme».

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