Accueil | Actualités | États-Unis : la condamnée à mort survit

États-Unis : la condamnée à mort survit


Christa Pike avait été condamnée à mort pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades de formation professionnelle, dans une affaire de rivalité amoureuse. (Photo : afp)

L’exécution de Christa Pike, 50 ans, ne s’est pas passée comme prévu dans le Tennessee. Le produit qui lui a été injecté dans les veines n’a pas agi.

Une enquête est ouverte et les exécutions sont suspendues dans le Tennessee après l’échec, sans précédent aux États-Unis, de la mise à mort d’une condamnée qui a survécu au protocole d’injection létale. L’état de santé de Christa Pike, 50 ans, n’était pas connu jeudi matin après cette exécution avortée la veille. «Christa est soignée dans un hôpital à proximité» de sa prison, ont seulement fait savoir ses avocats.

Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a suspendu les exécutions encore prévues cette année dans cet État du sud des États-Unis et ordonné l’ouverture d’une enquête confiée à un tiers. «L’application d’une peine prononcée légalement fait partie des responsabilités les plus graves de l’État, et les habitants du Tennessee s’attendent à ce qu’elle soit menée de manière (…) efficace», a justifié M. Lee dans un communiqué. «De toutes les exécutions ratées auxquelles nous avons assisté dans les temps modernes, celle-ci est la pire», a commenté Robin Maher, directrice du Centre d’information sur la peine capitale (DPIC), une organisation qui fait référence aux États-Unis. «C’est sans précédent», a-t-elle ajouté, citée par le New York Times.

En mai dernier, le gouverneur Lee avait accordé un sursis d’un an à un autre condamné à mort car le personnel chargé de l’exécuter n’avait pu trouver la veine pour procéder à l’injection. Christa Pike, condamnée pour meurtre en 1996, devait être la première femme exécutée depuis plus de deux siècles dans le Tennessee, un État parmi la grosse vingtaine où la peine capitale est encore en vigueur.

Elle respirait toujours

Selon des témoins de l’exécution et ses avocats, Mme Pike a continué à respirer et à ronfler de façon audible après deux injections de pentobarbital censées la tuer. «Plusieurs fois, elle a regardé dans la pièce. À un moment, elle a demandé à des responsables de la prison si elle était censée se sentir comme ça», a raconté sur CBS News Kim Chandler, une journaliste de l’agence Associated Press présente. «Nous ne tirons aucune satisfaction du fait d’avoir eu raison, mais les préoccupations soulevées par Mme Pike se sont avérées fondées : difficulté d’accès aux veines, veines rompues, pentobarbital dégradé, absence de soins médicaux d’urgence lorsque les choses tournent inévitablement mal, le tout sous l’égide d’un protocole qui demeure enveloppé de secret», ont dénoncé ses avocats.

Le pentobarbital est un puissant barbiturique utilisé à fortes doses dans les euthanasies vétérinaires mais aussi dans l’aide au suicide dans les pays où cette pratique est légale. La Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, avait autorisé mercredi l’exécution de Christa Pike, annulant un sursis accordé dans la matinée par une cour d’appel fédérale. Une heure avant l’horaire initialement prévu pour l’exécution, cette cour d’appel avait voulu se donner le temps de trancher sur la recevabilité d’un recours de la défense focalisé sur les violences sexuelles subies dans son enfance par la condamnée. L’État du Tennessee avait reconnu pour la première fois ces violences en août, sans infléchir sa position.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.