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Croix-Rouge : un nouveau visage et des ambitions


Marc Wagener a notamment présenté le calendrier du déménagement du siège de la Croix-Rouge à Howald. (Photo : croix-rouge)

Pour sa première prise de parole, le nouveau directeur général Marc Wagener a dévoilé la feuille de route de la Croix-Rouge luxembourgeoise basée sur son futur siège à Howald et une attractivité renforcée sur le marché de l’emploi.

Au siège de la Croix-Rouge luxembourgeoise ce jeudi, c’est un jour de première pour le directeur général Marc Wagener. En poste depuis le mois de juin dernier, il a officiellement remplacé son prédécesseur Michel Simonis au 1er août et mène aujourd’hui sa première conférence de presse. «J’ai eu deux mois pour aller sur le terrain, rencontrer les équipes, les bénéficiaires, les donateurs, découvrir notre périmètre d’activités afin de pouvoir plonger dans le bain et savoir de quoi je parle», raconte l’intéressé, qui découvre encore «tous les jours des parties submergées de l’iceberg».

Rompu à la prise de parole publique en tant qu’ancien directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), il débute par présenter les ambitions de la Croix-Rouge, à commencer par l’avancée du chantier de son futur siège rue des Scillas à Howald. «C’est un projet stratégique qui a, évidemment, démarré longtemps avant mon arrivée et qui est maintenant bien engagé, puisqu’un emménagement par vagues successives va avoir lieu à partir du mois de juin 2027», annonce-t-il. Près de trois ans après la première pierre symbolique, la Croix-Rouge va donc entamer son déménagement en installant ses fonctions administratives, logistiques et techniques, suivi de l’ouverture des premiers services aux bénéficiaires en juillet.

127 millions d’euros pour le siège

D’une surface de près de 13 500 m2, la future «Maison» doit permettre de faciliter le travail des quelque 550 collaborateurs puisque, jusqu’ici, «nos équipes sont relativement éparpillées» en raison «d’une croissance importante qui nous a poussés à trouver des solutions de fortune en louant un bâtiment par-ci, un bâtiment par-là».

Les bénéficiaires vont également profiter de cette centralisation, «car nous allons réduire leurs déplacements et nous allons pouvoir proposer des parcours d’accompagnement intégrés». Parmi les infrastructures de santé du site se trouvera notamment un centre de transfusion sanguine opérationnel à partir de septembre prochain. Un centre de formation sera également inauguré lors de la rentrée 2027, avant que tous les services concernés par le déménagement ne s’installent rue des Scillas trois mois plus tard, en décembre.

Interrogé sur le financement, Marc Wagener fait savoir qu’il s’agit d’une enveloppe de 127 millions d’euros, dont 39 millions de subventions pour le centre de transfusion, et répond à la polémique sur l’absence d’appel d’offres public révélée par un avis juridique en août dernier. «Depuis 2018, nous avons lancé un appel à candidatures, avec un cahier des charges et nous avons sélectionné le meilleur projet selon des critères fonctionnels. Ce n’était pas du favoritisme.»

«Pas reconnue en tant qu’employeur»

Avec son nouveau siège, la société d’utilité publique améliore son organisation mais vise aussi une meilleure attractivité professionnelle. Bien qu’elle soit largement ancrée dans le paysage pour son engagement, «la Croix-Rouge n’est pas reconnue en tant qu’employeur», constate Dorothée Schneider, directrice des ressources humaines. Pourtant située juste en dessous du top 10 des plus grands employeurs du Grand-Duché, son potentiel ne serait pas pleinement exploité : «Certains services sont plus connus que d’autres et les candidats ne voient pas la panoplie de toutes nos autres activités».

Cette première prise de parole de Marc Wagener sur l’avenir est donc l’occasion de lancer «une marque employeur» via une campagne de communication nationale et le développement d’un nouveau site carrière. L’objectif est de «devenir, à l’horizon 2030, un employeur de référence dans la Grande Région» mais aussi de combler les manques dans certains secteurs.

Sur le terrain, Dorothée Schneider témoigne en effet d’«une pénurie très importante d’aides-soignantes et d’éducateurs diplômés», ainsi que d’une «pénurie un peu plus ponctuelle sur les professions atypiques, comme psychologues». Et parmi les fonctions supports dans les bureaux, «nous vivons également la pénurie sur le marché de l’IT ou dans le secteur financier». Avec 48 % de personnel frontalier, dont une majorité de Français, la Croix-Rouge espère notamment que «la proximité et l’accessibilité du futur siège à Howald» attirent des talents.

 

«On gratte à la surface de l’IA»

Lorsqu’il est question d’avenir et d’ambitions, la question de l’intelligence artificielle n’est jamais loin et n’échappe pas à la Croix-Rouge luxembourgeoise. Le nouveau directeur général confie que «nous avons un groupe de travail autour de l’IA, même si, aujourd’hui, on gratte à la surface». «Notre travail restera toujours humain, évidemment que l’IA ne va pas tout remplacer», tient-il à assurer, «mais il est vrai qu’elle peut soutenir le travail administratif de nos collaborateurs afin de pouvoir se concentrer davantage sur les bénéficiaires». Avant de quitter la direction générale, Michel Simonis avait également mentionné l’idée de faciliter l’accès des divers services aux bénéficiaires grâce à l’IA. Quel que soit l’outil qui verra le jour, «on ne doit pas rater le coche», reconnaît Marc Wagener.

 

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