CYCLISME, APRÈS LES MONDIAUX Très déçu et dur avec lui-même après son «échec», Paul Seixas veut rebondir avec son dernier objectif de la saison, le Tour de Lombardie.
Au Québec, la course a encore été violente, longue de plus de 270 km et disputée avec une intensité folle. Avant de disparaître, les Bleus ont eux-mêmes imprimé un tempo d’enfer au point, selon le Belge Remco Evenepoel, de «peut-être détruire leur propre leader avec».
«L’an dernier, après le contre-la-montre à Kigali, on avait l’impression qu’il voulait arrêter le vélo. C’est normal qu’il soit hyper déçu, qu’il s’en veuille. Mais dans le vélo, il y a beaucoup plus de déceptions que de satisfactions», a commenté le sélectionneur Thomas Voeckler en invitant à relativiser et à «prendre du recul».
«On est face à un garçon qui vient d’avoir 20 ans, qui a gagné le Tour du Pays basque, la Flèche Wallonne, qui a fait quatrième du Tour de France alors même qu’on se demandait si c’était une bonne idée qu’il y aille. Il n’est pas champion du monde. C’est OK. On peut se dire qu’un jour, il viendra là, avec la médaille d’or autour du cou.»
Arrêté par les crampes, alors qu’il disait avoir de «super jambes» en début de course, Seixas, manque encore un peu de caisse.
Parmi les favoris en Lombardie
«Il n’a toujours que 20 ans», rappelle Voeckler, persuadé que la course arc-en-ciel lui «servira dans le futur».
L’avenir immédiat de Seixas, qui ne participera pas aux championnats d’Europe dimanche prochain, passe par le Tour de Lombardie, sa dernière course de la saison, le 10 octobre.
La classique des «feuilles mortes» est le cinquième Monument du calendrier et c’est le plus exigeant, une véritable étape de montagne du Tour de France avec, cette année, un parcours de 239 km pour plus de 4 000 mètres de dénivelé positif entre Bergame et Côme.
L’an dernier, Seixas, pour sa première participation à un Monument, y avait pris une épatante septième place.
Et le coureur de Decathlon CMA CGM fera forcément partie des favoris dans deux semaines sur un tracé difficile mais qui convient, plus que le circuit de Montréal, à ses qualités de grimpeur face à Remco Evenepoel et le nouveau champion du monde Brandon McNulty.
Reste à surmonter la déception des Mondiaux où sa médaille de bronze dans le contre-la-montre n’aura pas suffi à consoler le jeune champion, aussi exigeant avec lui-même qu’avec les autres.
«On ne peut pas passer à autre chose si facilement. Il va me falloir un peu de temps pour digérer ça», a-t-il lancé en quittant le Québec.