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Deux semaines afin d’«ouvrir le dialogue» sur la santé mentale


Des actions liées à la santé mentale seront organisées à travers le pays du 5 au 17 octobre. (Photo : fabrizio pizzolante)

Cette année, la Ligue santé mentale passe d’une à deux semaines d’actions, du 5 au 17 octobre, afin de faire de la sensibilisation et de changer les regards encore stigmatisants sur les troubles mentaux.

Dans les locaux de la Ligue santé mentale (LSM) à Bonnevoie ce lundi, les rubans verts sont déjà parés aux vestes et chemises et ils ne devraient pas les quitter pendant plus de deux semaines. L’association présente en effet son programme autour de la journée mondiale de la Santé mentale qui sera célébrée le 10 octobre, dont le symbole est ce petit nœud vert, encore méconnu par rapport à sa version rouge, pour la lutte contre le VIH et le sida, ou rose, pour le cancer du sein.

Au Grand-Duché, l’instauration d’une semaine de sensibilisation autour de la journée mondiale reste encore assez récente, la première édition ayant eu lieu en 2018, après avoir été inscrite au Plan national de prévention contre le suicide de 2015 à 2019. Depuis, elle a lieu tous les deux ans, en tant que pilier du Plan national de santé mentale, mais pour cette 5ᵉ édition, la Ligue santé mentale voit les choses en grand. Cette année, l’ASBL qui fête ses 70 ans d’existence organise non pas une mais deux semaines dédiées, du 5 au 17 octobre, au travers de près de 140 actions proposées par 94 partenaires à travers le pays.

«Il reste encore beaucoup de travail»

Afin d’expliquer la raison de ce programme doublé, Dr Barbara Bucki, chargée de direction, dresse un constat général sur l’importance accordée à la santé mentale. «Ces dernières années, elle a pris une place plus importante dans l’espace public, neuf Européens sur dix considérant qu’il est aussi important de la promouvoir que la santé physique», constate-t-elle. Une évolution certainement positive mais qui reste à relativiser : «Tout n’est pas encore acquis, puisque plus de trois quarts des Européens estiment encore que les personnes ayant eu des problèmes de santé mentale sont jugées différemment».

Des études démontrent notamment qu’un quart de la population mondiale est, à un moment de sa vie, touché par un trouble mental mais que 66 % des personnes atteintes ne cherchent pas à se faire aider. «Autrement dit, il reste encore beaucoup de travail à faire», résume la docteure, dont l’ASBL n’exclut pas de transformer sa semaine d’action en un rendez-vous annuel, «car il n’y a pas d’année blanche pour la santé mentale».

D’ici là, la LSM compte sur les deux semaines à venir qui «réunissent des entreprises, des associations, des institutions et, plus largement, des citoyens, afin d’ouvrir le dialogue», insiste Dr Sophie Hédo, directrice générale. Cette dernière ajoute que la santé mentale est un sujet de société, puisqu’elle «permet de prendre soin de son équilibre, de traverser les difficultés mais aussi de vivre ensemble».

Cent quarante activités proposées

Le site internet semainesantementale.lu propose d’ores et déjà une liste d’activités, avec inscription préalable, aux thématiques très diverses : gestion du stress et du quotidien, apprentissage des gestes de premiers secours, promenade dans la nature, atelier créatif, table ronde, sophrologie, quiz interactif ou encore projection de film. Le programme comporte des événements animés en luxembourgeois, français, allemand, portugais ou en anglais.

L’un des temps forts présentés par les organisateurs est une exposition itinérante en lien avec le slogan de cette nouvelle édition : «On a tous un bagage. Ensemble, avançons plus légers!». «Le bagage symbolise les expériences et les épreuves que chacun porte en soi» décrypte Dr Astrid De Leeuw, gestionnaire de projets, «et ce bagage devient plus léger lorsqu’il est partagé, que ce soit par l’écoute, l’entraide ou le recours à un professionnel». L’exposition présente le travail de bénéficiaires du service de jour de la Ligue santé mentale qui ont décoré et rempli des valises racontant leurs parcours de vie.

Samedi 10 octobre, un festival gratuit se tiendra à Strassen, avec des ateliers créatifs pour enfants et adultes, des stands d’information, des espaces de discussion et un concert de clôture. L’objectif est de toucher toutes les tranches d’âge, à l’image de la campagne de publicité réalisée sur les réseaux sociaux et au travers «d’influenceurs luxembourgeois» afin de toucher la jeunesse. Une jeunesse qui doit se protéger face aux réseaux «qui montrent une image de la vie et du corps parfait mais impossible, ce qui a des répercussions sur leur santé mentale, sans compter leur temps d’écran de plusieurs heures», rappelle Melissa Da Silva, porte-parole de la LSM.

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