Bien qu’elle salue l’ambition de la relance industrielle annoncée par Ursula von der Leyen, la Fedil met en garde contre certains axes de la politique européenne.
Face au tableau plutôt noir dressé par le Statec pour l’industrie luxembourgeoise, le secteur attend des actes en provenance de Bruxelles. La Fedil a ainsi réagi au discours prononcé le 16 septembre par Ursula von der Leyen sur l’état de l’Union européenne, qui portait notamment sur la relance industrielle. Sur la forme, la fédération patronale salue le nouvel élan pour l’économie promis par la présidente de la Commission européenne, mais reste néanmoins vigilante sur le fond.
C’est notamment le cas face à la politique «Buy European», dont l’objectif est d’utiliser l’argent et les marchés publics pour donner la priorité aux produits fabriqués au sein de l’UE, le tout afin d’asseoir la souveraineté et l’autonomie économique des 27. «Cette autonomie stratégique devrait résulter avant tout de percées au niveau de notre compétitivité plutôt que d’une application trop généralisée du principe de préférence européenne», réagit la Fedil, qui pointe du doigt, sans le nommer, le protectionnisme.
«Et là où il sera appliqué, il faudra veiller à ne pas créer de nouvelles couches réglementaires, synonymes de charges administratives supplémentaires ou d’entraves au marché unique.» Sur ce point, l’UE devrait achever ce marché unique et renforcé «d’ici la fin de l’année prochaine».
Le piège de la bureaucratie
Alléger la lourdeur administrative de l’industrie est d’ailleurs l’une des doléances majeures de la Fedil, qui nuance les propos d’Ursula von der Leyen sur les douze propositions omnibus lancées afin de réduire la bureaucratie : «Elle oublie de dire que celles-ci visent avant tout des réglementations récentes souvent pas encore applicables […] et celles-ci, même simplifiées par rapport aux versions originales, produiront de la charge administrative additionnelle.»
Et si le patronat et Ursula von der Leyen s’accordent sur l’importance de l’innovation et du développement technologique et numérique, la Fedil précise : «Encore faut-il que nos potentiels dans ce domaine ne soient pas ternis par un encadrement réglementaire.»
Comme point positif, «la Fedil relève avec satisfaction l’importance accordée par la présidente à la compétitivité énergétique, alors que les prix élevés de l’énergie continuent de peser sur l’industrie européenne». Le Statec annonce en effet que les marchés pétroliers européens vont «probablement rester sous tension au cours des prochains mois» à la suite d’attaques ayant mis hors service l’oléoduc d’Arabie saoudite, qui permet de contourner le détroit d’Ormuz.
En doublant sa production d’électricité d’ici 2040, l’Europe pourrait faire diminuer de 260 milliards d’euros par an la facture en matière d’importations de combustibles fossiles, affirme la présidente de la Commission, qui souhaite, en outre, accélérer le déploiement des réseaux d’énergies renouvelables et nucléaires.