Deux restaurants indiens au Luxembourg liés à des chaînes aux Pays-Bas ont fait l’objet d’une enquête par Europol pour trafic d’êtres humains.
Ils travaillaient jusqu’à 16 heures par jour dans des chaînes de restaurants indiens. Une enquête internationale réalisée par Europol a pu identifier 70 victimes potentielles d’exploitation dans des établissements de restaurant indiens. Ce réseau de trafic d’êtres humains aurait généré au moins 4 millions d’euros de profits. Plusieurs actions ont été menées dans huit pays européens où plusieurs restaurants ont été inspectés. Au Luxembourg, deux établissements ont été soumis à des contrôles et inspections en septembre dernier.
«Les enquêteurs soupçonnent que les mêmes activités criminelles se sont déroulées dans d’autres restaurants appartenant à la chaîne indienne ou qui y étaient associés, en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg, en France et en Suisse. Il semblerait que les suspects aient exercé des pressions sur les victimes et leurs familles en Inde, et aient eu recours à la coercition psychologique pour les contraindre à travailler davantage et les empêcher de porter plainte auprès des autorités», explique Europol dans son communiqué. L’institution précise que les trafiquants auraient contraint leurs victimes à travailler jusqu’à 16 heures par jour, «les auraient sous-payées et empêchées de quitter le pays dans lequel ils travaillaient».
Après cette vaste enquête menée par les Pays-Bas, deux personnes ont été arrêtées. Une enquête a été ouverte dans ce pays. «L’enquête a débuté lorsque des inspecteurs de l’Inspection du travail néerlandaise ont constaté de graves abus lors de plusieurs contrôles. Une enquête pénale a ensuite été ouverte par le service des enquêtes criminelles (Opsporingsdienst), sous l’autorité du Parquet spécialisé dans les affaires de fraude grave, de criminalité environnementale et de confiscation des avoirs (Functioneel Parket)», précise Europol.
L’enquête a également révélé que plus de 70 permis de travail et de séjour combinés avaient été délivrés suite aux demandes déposées par les trois chaînes de restaurants indiens.