L’association redoute que des attaques de drones compromettent la centrale nucléaire. Elle demande au gouvernement d’exiger des informations sur le niveau de protection.
Plusieurs vols de drones ont été constatés dans le ciel luxembourgeois, dans la nuit de vendredi à samedi et dans la soirée de lundi. Ils ont notamment survolé les abords de l’aéroport du Findel, entraînant des fermetures de l’espace aérien. Ce mercredi, Greenpeace Luxembourg revient sur ces événements et pointe leur possible conséquence sur la sécurité d’infrastructures critiques. Par ce terme, l’association fait référence à la centrale nucléaire de Cattenom.
Elle demande au gouvernement de se renseigner auprès des autorités françaises sur les risques d’attaques de drones et d’actes de sabotage. Et souhaite que le Grand-Duché exige la fermeture du site si ce dernier est considéré comme insuffisamment protégé contre de telles attaques.
Des répercussions sur tout le Luxembourg
Greenpeace illustre ses craintes par les résultats d’une étude publiée ce mercredi dans laquelle l’association se penche sur la menace que représentent les drones modernes pour les centrales nucléaires françaises. Le document examine tout particulièrement les conséquences d’une attaque potentielle contre le bâtiment abritant les piscines d’entreposage du combustible nucléaire usé.
«Selon les résultats de l’analyse, un acte malveillant de ce type pourrait entraîner la fuite du liquide de refroidissement et, par conséquent, provoquer un accident nucléaire majeur. Si un tel incident venait à toucher la centrale de Cattenom, les répercussions pourraient impacter le Luxembourg tout entier», note Greenpeace.
«La population luxembourgeoise a le droit de savoir dans quelle mesure Cattenom est protégée contre de telles menaces. Si un réacteur ne peut pas être suffisamment défendu contre des attaques ciblées, sa durée de vie ne doit pas être prolongée», explique Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace Luxembourg.
Un réacteur vieillissant
Dans quelques jours, en octobre 2026, le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Cattenom atteindra sa limite de fonctionnement initialement prévue de 40 ans. Il doit être mis à l’arrêt début 2027 pour sa quatrième visite décennale. Cette étape sera suivie par une consultation publique sur les conditions d’exploitation dans le cadre d’une éventuelle prolongation de sa durée de vie.
Du fait des risques liés au vieillissement des réacteurs, Greenpeace appuie son opposition à la prolongation de l’exploitation de la centrale nucléaire de Cattenom. L’association martèle qu’il est, dans le contexte de possibles attaques de drones, essentiel de disposer d’informations claires sur le niveau réel de protection de Cattenom.
«Les autorités françaises doivent révéler comment elles protègent Cattenom contre les nouvelles menaces. La prolongation de la durée de fonctionnement d’une centrale nucléaire ne doit jamais primer sur la sécurité de la population», souligne Roger Spautz.