Claude Meisch effectue ce mardi sa 13e rentrée en tant que ministre de l’Éducation nationale. Un long parcours, semé d’embûches et marqué par une querelle éternelle avec une large frange des enseignants.
On ne peut pas reprocher au politicien du DP de ne pas avoir eu le courage de réformer de fond en comble le système scolaire. Sa devise reste inchangée : «Chaque élève doit pouvoir développer son potentiel de la meilleure manière qui soit s’il le souhaite».
Un objectif partagé par les syndicats d’enseignants, qui n’ont toutefois cessé de dénoncer les cavaliers seuls du ministre et le manque criant de moyens mis à leur disposition. «Si nous poursuivons (…) avec une politique qui n’écoute pas le terrain et souhaite lancer des projets pilotes à l’échelle nationale (…) avant qu’ils n’aient pu être évalués, il ne faudra pas nous étonner d’une nouvelle chute des résultats», alerte Vera Dockendorf, représentante du SEW/OGBL.
Parlons justement de la «chute des résultats», qui peut être imputée, du moins en partie, à la politique menée par Claude Meisch. Rappelons d’abord que les réformes engagées ont bénéficié, entre 2013 et 2023, du soutien du LSAP et de déi gréng, alors partenaires de coalition du DP.
Le CSV a pris le relais depuis près de trois ans. Il serait donc trop simpliste de se taper aujourd’hui l’un sur l’autre. Mais le constat accablant est là : le Luxembourg figure parmi les mauvais élèves de l’étude PISA.
Les lacunes constatées en lecture, en sciences et en mathématiques font tache en cette rentrée 2026/2027, qui se fera dans le dur. L’alphabétisation renforcée en français et d’autres aménagements au niveau des langues doivent justement contribuer à rattraper les retards mis en évidence par cette étude internationale sur les acquis des élèves.
Réduire les mauvais résultats au seul usage excessif des écrans serait tout aussi réducteur. Il faudra un effort plus collectif et durable pour remonter la pente.
En attendant, Claude Meisch va symboliquement «passer son bac» au bout de sa 13e année comme ministre.
Depuis 2014, le taux de réussite aux examens de fin d’études est resté relativement stable, tournant autour des 75 %. Tout n’est donc pas à jeter à un moment crucial pour le système scolaire luxembourgeois.