Réunis dans l’Arctique, douze pays appellent l’UE à renforcer sa présence face à la menace russe.
«La sécurité dans l’Arctique doit être assurée collectivement», ont plaidé ces États, parmi lesquels figurent la France, l’Allemagne, le Danemark et la Suède, dans une déclaration commune à l’issue d’un sommet à Rovaniemi. L’objectif : montrer que «ce qui se passe ici n’est pas une affaire régionale. C’est une question européenne», a souligné le président du Conseil européen, Antonio Costa, à la presse.
Sept mois ont passé depuis que le président américain a menacé – pour la troisième fois – de s’emparer par la force du Groenland, un immense territoire autonome danois, provoquant une crise majeure entre alliés occidentaux. Les tensions sont un peu retombées depuis entre Européens et Américains.
Mais les dirigeants européens n’ont pas oublié ces menaces et veulent désormais plancher ensemble sur les moyens de muscler leur empreinte dans la région, conscients également de la présence d’une Russie hostile de l’autre côté de la longue frontière finlandaise. Pour eux, Moscou constitue une «menace importante et durable» sur la sécurité.
L’OTAN se mobilise à son tour
Cette réunion intervient dans le contexte de la présentation d’une nouvelle stratégie pour l’Arctique. «Nous devrions renforcer l’engagement de l’Union européenne dans cette région afin de compléter les efforts de l’OTAN», a ainsi plaidé le chancelier allemand, Friedrich Merz.
Après les menaces de Donald Trump en janvier, sur lesquelles il n’est pas totalement revenu, l’Alliance Atlantique avait déjà inauguré une nouvelle mission destinée à renforcer la sécurité dans l’Arctique. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est quant à elle rendue au Groenland début septembre, apportant avec elle une enveloppe de 200 millions d’euros pour le territoire.
L’Arctique est également au cœur de préoccupations environnementales. Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l’effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales.
La fonte de la banquise ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les États-Unis ont ainsi intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d’accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes.