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La pétrole passe la barre des 100 dollars


Le pétrole flambe à cause de la situation dans le golfe Persique. (Photo : afp)

Le coup de pompe va se poursuivre dans les stations-services. L’or noir continue de grimper sur les marchés mondiaux.

Les Bourses se replient mercredi à Wall Street et en Europe face à la hausse du pétrole, à la veille de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) qui va sans doute relever ses taux et avant la publication des chiffres de l’inflation américaine vendredi. Vers 16 h, le prix du baril de Brent de la mer du Nord restait au-dessus du seuil crucial de 100 dollars (100,96 dollars, +3,10 %) et le WTI américain progressait sur la même tendance (95,95 dollars, +3,14 %). «Le seuil des 100 dollars est un niveau psychologique important pour les marchés», a souligné Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Plusieurs fois espéré, un accord entre l’Iran et les États-Unis paraît plus improbable que jamais depuis le début du conflit lancé le 28 février par Washington avec Israël contre la République islamique. Au contraire, des navires étaient en feu dans le Golfe après l’annonce par l’Iran de frappes contre une vingtaine de bateaux, dont deux américains.

Téhéran a justifié ces attaques par les frappes américaines contre des pétroliers iraniens, et a de nouveau mis en garde son ennemi. La Bourse de New York a ouvert dans le rouge mercredi, la hausse des prix du pétrole ravivant les craintes inflationnistes et pesant sur l’appétit pour le risque des investisseurs. Dans les premiers échanges, le Dow Jones cédait 0,41 %, l’indice Nasdaq perdait 0,36 % et l’indice élargi S&P 500 lâchait 0,17 %.

Vers 16 h, les places européennes étaient toutes en recul, de la Bourse de Paris (-1,52 %) à Francfort (-1,68 %) en passant par Londres (-1,07 %) et Milan (-0,79 %).

Un prix du pétrole à trois chiffres «augmente, d’une part, les risques pesant directement sur la conjoncture en Europe et aux États-Unis et, d’autre part, la pression sur les banques centrales, qui doivent contenir les dangers inflationnistes par des resserrements de leur politique monétaire», a expliqué Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets. D’autant que «les pressions inflationnistes se manifestent dans plusieurs directions», avec une hausse de concert des prix du gaz naturel, a relevé Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

Les Banques centrales scrutées

L’incursion du pétrole au-delà de 100 dollars «a remis au premier plan les conséquences inflationnistes du conflit», a aussi noté Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. En zone euro, la BCE devrait augmenter jeudi son taux de référence d’un quart de point, à 2,5 %, pour contenir une inflation au plus haut depuis trois ans.

L’institution avait «explicitement averti en juillet que les conséquences inflationnistes du choc énergétique ne s’étaient pas encore pleinement manifestées», a rappelé Daniela Hathorn. «La récente flambée des prix du pétrole et du gaz en Europe rend cette préoccupation plus difficile à écarter», a-t-elle ajouté. Des analystes s’interrogent sur la réaction de la BCE, qui va relever ses taux pour la deuxième fois cette année.

«Une hausse des taux cette semaine nous paraît justifiée, les prix de l’énergie ayant atteint les niveaux envisagés par la BCE dans son scénario défavorable», a expliqué Patrick Barbe, responsable de l’investissement obligataire Investment grade en Europe chez Neuberger. Cependant, «après une hausse des taux en septembre, une pause sera nécessaire, la croissance restant fragile», a-t-il ajouté. «Un resserrement monétaire trop violent ne nous paraît pas justifié alors que l’inflation résulte principalement de l’augmentation des prix du pétrole et du gaz consécutive au déclenchement du conflit au Moyen-Orient en février dernier», a jugé Edouard Faure, responsable Crédit de Swiss Life Asset Management.

Sur le marché obligataire, le rendement du Bund allemand à 10 ans s’affichait à près de 3,40 % contre 3,36 % mardi en clôture. Son équivalent français évoluait à 4,29 %, contre 4,23 % la veille.

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