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[Cinéma] Jean-Paul Rappeneau : la mort d’un cinéaste plein de panache


Photo : afp

Le réalisateur et scénariste Jean-Paul Rappeneau est décédé mardi à 94 ans. Il restera dans les mémoires pour son adaptation de Cyrano de Bergerac en 1990.

Autodidacte, ce cinéaste méticuleux et parcimonieux a réalisé au total huit longs métrages, tournant avec les plus grands comédiens, de Yves Montand (Le Sauvage) à Catherine Deneuve (La Vie de château), en passant par Gérard Depardieu ou Isabelle Adjani (Tout feu tout flamme). Connu pour son perfectionnisme, il choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s’écouler de longues années entre chaque film. «Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. À moins bien sûr d’avoir besoin d’argent», disait-il en 2015.

C’est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane que Jean-Paul Rappeneau avait connu son plus grand succès au début des années 1990. Porté par l’interprétation de Gérard Depardieu, son Cyrano avait raflé dix César en 1991, dont celui de meilleur film (record qui tient toujours). Le film aux cinq millions d’entrées avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars. Le cinéaste avait créé la surprise en relevant le défi d’adapter au cinéma la légendaire pièce d’Edmond Rostand, écrite à la fin du XIXe siècle. «Le vrai pari du film, c’est que les personnages y parlent en vers», avait-il expliqué.

Autre défi, nouvelles épées

Né le 8 avril 1932 à Auxerre (Yonne), il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle dont il devient l’assistant, coécrivant le scénario de Zazie dans le métro. Ses premiers pas de réalisateur remontent à 1966 avec La Vie de château, dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l’ennui aux côtés de Philippe Noiret. Si ses débuts coïncident avec l’éclosion de la Nouvelle Vague, il s’était toujours tenu à distance de ce mouvement. «À l’exception d’À bout de souffle et d’Hiroshima mon amour, aucun de ces films ne me plaisait vraiment», disait-il.

Tenant d’un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès. En 1971 avec Les Mariés de l’an II, en 1975 avec Le Sauvage et en 1982 avec Tout feu tout flamme. En 1995, il avait aussi relevé un autre défi en portant à l’écran Le Hussard sur le toit, avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, livre réputé difficile à adapter. Son dernier film, la comédie dramatique Belles Familles, remontait à 2015. Il  avait publié ses mémoires en l’année dernière (Vive allure).

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