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Camping sauvage au P+R Kockelscheuer : «La forêt est devenue une immense latrine»


Alors que le camping tout proche affiche régulièrement complet, certains touristes séjournent sur le parking pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. (Photos : christelle brucker)

À Kockelscheuer, la forêt est polluée ces derniers mois par les déchets et les déjections de campeurs qui passent leurs vacances sur le parking.

«Il y en avait déjà l’an dernier, mais depuis début mai, leur nombre a vraiment augmenté», déplorent Philipp Anton et Simon Biver, tous deux employés à la Maison de la nature, à deux pas du P+R Kockelscheuer où stationnent ces temps-ci une vingtaine de caravanes et camping-cars.

Il faut dire qu’avec sa piste cyclable flambant neuve, sa navette gratuite en bus jusqu’au centre-ville, ses sentiers forestiers, son parc de jeu et ses étangs, le site a tout pour plaire aux campeurs de passage au Luxembourg.

Pourtant, un panneau indique clairement, dès l’entrée sur le parking, que le camping sauvage est interdit sur cette aire réservée aux voitures, dépourvue des équipements sanitaires indispensables aux véhicules de loisir.

Du coup, c’est souvent en lisière du bois que se retrouvent déchets, bouteilles en plastique, eaux usées et déjections. «La forêt est devenue d’immenses latrines à ciel ouvert. Les gens se frayent des chemins et y déposent papier toilette et autres articles d’hygiène usagés.»

«L’odeur était insupportable»

Une pollution particulièrement incommodante lors des fortes chaleurs, alors que les équipes de la Maison de la nature, comme celles de la Ville de Luxembourg, organisent dans cette même zone de nombreuses activités pour les enfants pendant les vacances.

«On avait par exemple fait une chasse aux insectes pour apprendre à les reconnaître. L’odeur sur le chemin était insupportable», souligne Simon Biver.

Un panneau indique que le camping n’est pas permis. (Photo : christelle brucker)

Des touristes de toute l’Europe 

Pour ces défenseurs de l’environnement, le phénomène prend désormais des proportions inquiétantes, favorisé par des applications qui répertorient les meilleurs spots pour camping-cars.

«Les touristes viennent de toute l’Europe. Certains restent une nuit puis repartent, mais d’autres séjournent carrément pendant plusieurs semaines. On a ainsi une famille qui est là en camping-car avec des enfants depuis deux mois, tandis qu’une autre caravane n’a pas bougé depuis quatre mois.»

Une famille séjournerait là depuis deux mois. (Photo : christelle brucker)

Et parmi ces nouveaux voisins, certains n’hésitent pas à prendre leurs aises. «On a vu des Allemands aménager toute une terrasse pour leurs vacances et même recevoir des amis, installés juste à côté d’eux. Dès qu’ils partaient en promenade, ils disposaient des chaises sur l’emplacement pour s’assurer qu’aucune voiture ne se gare là.»

Des barbecues en pleine sécheresse

Plus grave encore que les terrasses improvisées ou les déjections en pleine nature, le week-end, des groupes se réunissent sur ce site naturel et allument des barbecues, alors que là encore, des panneaux affichent partout que c’est défendu.

Les cendres sont ensuite abandonnées sur place. «Avec la sécheresse, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu d’incendie…», soupire Philipp Anton.

 

«De nouveaux pathogènes»

Simon Biver regrette que cette forêt située en grande partie en zone verte, donc à protéger, soit abandonnée à de telles pratiques : «Non seulement les déjections polluent, mais elles amènent de nouveaux pathogènes. Ce n’est pas génial pour la faune et la flore.»

Lui et son collègue craignent maintenant que ce lieu soit de plus en plus promu sur les applications spécialisées et attire encore davantage de campeurs si rien n’est fait.

«Une solution serait peut-être d’installer une barre en hauteur pour empêcher l’entrée du parking aux vans et aux camping-cars», soumet Philipp Anton, qui souhaite aussi que plus de prévention soit faite concernant les barbecues.

Les barrières automatiques censées réguler les entrées et les sorties tout en limitant l’accès au parking à 24 heures sont hors service. «Je travaille ici depuis février et je ne les ai jamais vues fonctionner», précise Simon Biver.

Alors que celles-ci se trouvaient auparavant le long de la route, elles ont été déplacées récemment de quelques dizaines de mètres pour les besoins de la nouvelle piste cyclable. «Quand les barrières étaient opérationnelles, on avait moins de camping-cars sur le parking.»

Au moment de publier ces lignes, la Ville de Luxembourg, que nous avons contactée lundi, n’avait toujours pas répondu à nos questions.

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