Record de chaleur, pluies déficitaires et cours d’eau au plus bas : le bilan de l’été 2026 confirme une saison météorologique et hydrologique exceptionnelle au Luxembourg.
Le Luxembourg vient de connaître un été qui restera probablement dans les annales. S’il n’est pas le premier d’une plus longue série. AgriMeteo, MeteoLux et l’Administration de la gestion de l’eau (AGE) dressent, dans leur bilan publié ce mardi 1er septembre, le portrait d’une saison marquée à la fois par une chaleur exceptionnelle et une sécheresse persistante. Une combinaison qui a fortement pesé sur les ressources en eau du pays.
Au Findel, la température moyenne de l’été s’est établie à 20,6 °C. Il s’agit tout simplement de «l’été le plus chaud jamais observé depuis 1947», devançant de très peu le précédent record de 20,5 °C établi en 2003. D’autres records saisonniers ont été enregistrés à Asselborn notamment, avec 18,9 °C, et à Remich, avec 21,8 °C.
Un coup de chaud qui avait commencé dès le mois de juin. Avec une moyenne de 19,9 °C au Findel, celui-ci est d’ailleurs devenu «le mois de juin le plus chaud depuis le début des relevés». Mais c’est surtout les 26 et 27 juin qui ont marqué les esprits. Après avoir été dépassé à Reckange puis à Remich, l’ancien record national de température maximale a finalement été porté à 41,4 °C à Remich le 27 juin.
La chaleur s’est ensuite maintenue. En juillet, les températures ont dépassé les normales climatiques de référence de 1991-2020 jusqu’à +2,8 °C. En août, les anomalies sont encore allées de +1,4 à +2,9 °C.
Une pluie qui a cruellement manqué
À la chaleur s’est ajouté un déficit pluviométrique qui avait, en réalité, commencé déjà avant l’été. «Après un hiver et un printemps plutôt sec, cette tendance s’est également poursuivie en été», constatent les auteurs du bulletin. Sur l’ensemble de la saison, les anomalies de précipitations ont atteint entre -50,9 et -124,4 mm selon les stations.
Juillet a été le mois le plus spectaculaire. Dans aucune des stations étudiées, les précipitations n’ont dépassé 20 mm. Résultat : un déficit compris entre 76 % et 97 % par rapport à la normale climatique. Août a connu davantage d’averses, mais celles-ci n’ont pas suffi à inverser la tendance. Le mois est resté plus sec que la normale, avec des anomalies atteignant -24,8 mm.
Mais cette succession de chaleur et de sécheresse a surtout laissé (sans surprise) une empreinte durable sur les cours d’eau du pays…
Des débits au plus bas
Le déficit de pluie a en effet ^provoqué des «niveaux d’eau et des débits d’étiage historiquement bas» au Luxembourg. Les petits cours d’eau ont été particulièrement touchés, notamment dans le nord du pays, «(…) dans la Sûre supérieure et ses affluents», mais également dans certaines zones du sud.
Et les pluies arrivées à la fin du mois d’août n’ont malheureusement pas suffi à rétablir la situation. «Les débits restent très faibles et inférieurs au débit moyen d’étiage sur une grande partie des cours d’eau», relève ainsi le bulletin. Autrement dit : l’arrivée de quelques épisodes pluvieux n’a pas permis de résorber le déficit accumulé au cours des mois précédents.
Le phénomène est d’autant plus remarquable que les niveaux observés rapprochent 2026 de deux années de référence en matière de sécheresse : «Les débits d’étiage de l’année 2026 rejoignent les valeurs historiques observées en 2022 ainsi que la situation d’étiage de l’année 1976.»
Un enchainement particulièrement défavorable pour l’agriculture : les différentes canicules et sécheresse ont en effet plombé la récolte des céréales et du fourrage. Au final, l’été 2026 se résume donc à une succession de records de chaleur. Et pourrait bien être le plus frais que nous allons connaître ces prochaines années.