Accueil | A la Une | La gare centrale va changer de visage côté Bonnevoie

La gare centrale va changer de visage côté Bonnevoie


Le quartier de Bonnevoie devrait accueillir prochainement une nouvelle entrée pour la gare centrale de Luxembourg. (Photo : alain rischard)

Les anciens ateliers des CFL ont disparu côté Bonnevoie, laissant place à un vaste projet destiné à faire de la gare centrale de Luxembourg un pôle multimodal à deux façades. On vous explique.

C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour la gare centrale de Luxembourg. Après le retrait, ces dernières semaines, des installations qui longeaient les voies ferrées du côté de Bonnevoie, environ 90 ares de terrains se retrouvent désormais libérés à proximité immédiate de la gare.

Sur cette parcelle appartenant aux CFL, le gouvernement confirme aujourd’hui les contours d’un projet qui doit transformer en profondeur cette partie, encore largement occupée par les anciens ateliers ferroviaires.

L’objectif affiché est de faire de la gare centrale une gare à deux façades, avec une véritable entrée côté Bonnevoie. Le projet envisagé doit «renforcer les infrastructures multimodales de la gare centrale, tout en s’inscrivant dans une vision urbanistique plus large», comme le précise la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, dans une réponse à une question parlementaire du député vert Meris Sehovic.

Une gare «biface»

Ce projet prévoit donc concrètement une nouvelle gare routière, un espace «Kiss&Go», quelques emplacements pour taxis ainsi qu’un futur bâtiment voyageurs, qui ne sera pas uniquement destiné aux voyageurs ferroviaires, mais intégrera aussi des commerces et services, parmi lesquels des espaces sécurisés pour les vélos. Des locaux nécessaires à l’exploitation ferroviaire sont également prévus.

Mais cette transformation ne devrait pas se limiter à la construction d’une gare routière : le gouvernement entend aussi faire de cette nouvelle façade un véritable «prolongement de la gare historique», située de l’autre côté des voies.

Les accès aux quais et au parvis historique feront ainsi l’objet d’analyses spécifiques. «L’objectif est d’améliorer l’accessibilité de la gare pour l’ensemble des usagers, quel que soit leur mode de déplacement, tout en renforçant l’intermodalité du site», indique Yuriko Backes.

Les accès aux quais et au parvis historique feront l’objet d’analyses spécifiques. (Photo : fabrizio pizzolante)

Le futur pôle devra aussi proposer des services aux habitants du quartier, et pas uniquement à ceux qui prennent le train. La ministre évoque en effet une offre destinée «aussi bien aux voyageurs ferroviaires qu’aux résidents du quartier».

Le principe d’une gare «biface» n’est pas nouveau : il avait déjà été présenté ces dernières années, notamment par l’ancien ministre de la Mobilité François Bausch (déi gréng), comme une manière de mieux connecter la gare centrale au quartier de Bonnevoie et de valoriser les terrains occupés par les anciens ateliers CFL. Mais le dossier, jusqu’ici évoqué «pour l’année 2026», entre désormais dans une phase plus concrète avec le lancement prochain des études.

Pas encore de logements

Le député vert a aussi interrogé la ministre sur l’utilisation de ces quelque 90 ares au-delà des seules fonctions liées à la mobilité. Des logements, notamment abordables, des bureaux, des commerces ou encore des équipements sociaux pourraient-ils aussi prendre place sur ces terrains?

À ce stade, la réponse du ministère de la Mobilité est claire : le projet est d’abord pensé autour des fonctions ferroviaires et de la mobilité. Le Plan d’aménagement général (PAG) de la Ville de Luxembourg autorise dans cette zone «les bâtiments et équipements ferroviaires, les services administratifs et professionnels, les hôtels, les commerces, les activités artisanales ou encore différents équipements d’intérêt public». En revanche, «à ce stade, les fonctions résidentielles ne sont pas autorisées dans cette zone», précise encore la ministre.

La porte n’est toutefois pas totalement fermée. Yuriko Backes indique que la question du logement «sera également examinée dans le cadre d’une concertation». La programmation n’est donc pas encore définitivement arrêtée.

Une étude à venir

Le calendrier reste encore à préciser plus spécifiquement, mais une première échéance est désormais fixée : la «programmation détaillée et les études de faisabilité doivent débuter avant la fin de cette année», comme promis à l’époque par l’ex-ministre Bausch.

Elles associeront les principaux acteurs concernés : la Ville de Luxembourg, les CFL, l’administration des Ponts et Chaussées, Luxtram, le ministère de la Culture, le ministère de la Mobilité et des Travaux publics ainsi que différents bureaux d’études. Les CFL, «propriétaires des terrains des anciens ateliers», assureront la «maîtrise d’ouvrage du projet».

Le futur pôle devra aussi proposer des services aux habitants du quartier, et pas seulement à ceux qui prennent le train. (Photo : hervé montaigu)

Une concertation avec les habitants et les usagers est également prévue. Ses modalités devront encore être définies au cours des études. Le gouvernement promet donc un processus qui doit permettre de préciser progressivement le contenu et l’organisation de cette nouvelle partie de la gare.

Cette transformation devra par ailleurs être coordonnée avec les travaux prévus sur le parvis historique. L’enjeu est de pouvoir réaliser les différentes interventions «tout en maintenant les fonctions multimodales de la gare centrale» pendant les différentes phases du chantier.

Une rocade toujours en suspens

Reste une question essentielle pour la connexion entre la nouvelle façade de la gare et Bonnevoie : celle de la rocade. Les projets évoqués ces dernières années prévoyaient une transformation de cet axe afin de donner davantage de place aux transports publics, aux cyclistes et aux piétons et «d’apaiser le trafic motorisé individuel de façon conséquente», selon Bausch.

La réponse de la ministre Backes ne fournit toutefois pas encore de scénario précis pour la rocade de Bonnevoie. Elle confirme surtout que l’accessibilité générale du site fera partie des analyses à venir. Les accès aux quais et au parvis seront étudiés dans une logique d’intermodalité et de meilleure connexion avec le quartier.

La rocade de Bonnevoie devrait, à terme, donner davantage de place aux transports publics, aux cyclistes et aux piétons. (Photo : vincent lescaut)

Avant de devenir une nouvelle entrée de la gare centrale, les terrains libérés auront en tout cas une fonction plus… temporaire : les CFL prévoient en effet de les utiliser pour garer leurs bus «pendant la construction de leur nouveau dépôt de bus à Bonnevoie».

La transformation physique de cette partie de la capitale ne commencera donc pas tout de suite. Mais avec la disparition des anciens ateliers et le lancement annoncé des études d’ici la fin de l’année, le projet de «deuxième façade» de la gare centrale passe désormais à une nouvelle étape et devient un peu plus concret.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.