Accueil | Monde | Premier échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran en un mois

Premier échange de frappes entre les États-Unis et l’Iran en un mois


L'administration Trump privilégie désormais la «guerre économique» contre l'Iran. (Photo d'illustration : afp)

L’Iran riposte militairement aux frappes américaines, menaçant un mois de calme relatif. Missiles et drones visent des bases US en Jordanie et aux Émirats, ravivant les tensions au Moyen-Orient et propulsant les cours du pétrole au-delà de 90 dollars le baril.

L’Iran a affirmé lundi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis en réponse à des bombardements menés par les États-Unis, un premier échange de frappes depuis un mois qui fragilise plusieurs semaines d’accalmie dans la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit vient de passer le cap des six mois, ces attaques tranchent avec les déclarations récentes de l’administration de Donald Trump, qui a affirmé privilégier la pression économique sur la République islamique. «Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak», située dans le stratégique détroit d’Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins, dans un communiqué transmis à l’AFP.

Ces attaques ont été lancées après que des «forces des Gardiens de la Révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d’Ormuz», a-t-il indiqué. L’attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l’agence iranienne de presse Tasnim.

En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué, avec des missiles balistiques et des drones, des installations de l’armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie. Ils ont ensuite indiqué avoir ciblé une base aux Émirats arabes unis où les Etats-Unis disposeraient de troupes et d’hélicoptères. Ils ont ajouté avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper, qui peut être utilisé pour la surveillance comme pour l’attaque, dans le détroit d’Ormuz.

L’armée jordanienne a précisé avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser l’origine. L’armée américaine n’a pas commenté ces attaques.

Pétrole en hausse 

Les hostilités avaient perdu en intensité ce dernier mois, même si des échanges de tirs sporadiques s’étaient poursuivis dans la région, surtout dans et autour du détroit d’Ormuz. Ce stratégique passage maritime par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au cœur du conflit entre les États-Unis et l’Iran, Téhéran verrouillant son passage.

En réponse, les États-Unis conduisent un blocus des ports iraniens et se disent être prêts «à protéger la libre circulation des échanges commerciaux sur cette voie navigable essentielle», le Centcom affirmant dimanche avoir «achevé le déminage des voies de navigation internationales».

Après l’annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l’or noir sont repartis à la hausse lundi, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Elle a ébranlé l’économie mondiale.

En avril, un cessez-le-feu avait mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d’accord visant à mettre fin au conflit a été conclu en juin. Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités et les négociations sont depuis dans l’impasse.

«Agression»

«Nous ne cherchons pas la guerre», a assuré le président iranien, Massoud Pezeshkian. «Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés», a-t-il ajouté, cité par les médias d’État iraniens avant de s’envoler pour le Kirghizstan.

Il doit participer là-bas à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont attendus également les présidents chinois, Xi Jinping, et russe, Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

Face à un conflit impopulaire aux États-Unis et à l’approche des élections de mi-mandat, l’administration Trump privilégie désormais la «guerre économique» contre l’Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a présenté lundi dernier un nouveau train de sanctions dites «secondaires», touchant non pas l’Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l’or, la technologie, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime.

Scott Bessent dirigera lundi et mardi aux États-Unis une réunion de ses homologues des pays du G20, dont fait partie la Chine, partenaire économique majeur de Téhéran. Pékin a déjà assuré vouloir défendre «fermement» ses intérêts et sa coopération avec l’Iran.

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.