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«L’état de choc» à Pomas, village audois «bombardé par la nature»


Des personnes déblaient les décombres d'une maison endommagée après le passage d'une tornade à Pomas. (Photo : afp)

Au lendemain du passage d’une tornade d’une violence rare, le village de Pomas, dans le sud-ouest de la France, dresse le bilan des dégâts.

Pomas, village audois frappé lundi par une tornade exceptionnelle, «n’a pas été bombardé par des missiles», raconte son maire Hervé Giné, avant d’ajouter : «on a été bombardé par la nature», alors que ses administrés, au milieu des gravats, sont en «état de choc».

«Ça s’est passé à vitesse grand V. À 17 h, on avait des enfants qui jouaient à la MJC, qui préparaient la fête locale (initialement prévue pour la fin de semaine) et puis à 18 h le village et la population étaient anéantis», a raconté l’élu à quelques journalistes, affirmant avoir le «sentiment» de vivre «une situation de guerre» près de la salle polyvalente où de nombreux habitants ont trouvé refuge.

Dans les petites rues de la bourgade, les dégâts témoignent de la violence de l’événement : partout des gravats, des arbres arrachés, des tuiles, des véhicules éventrés ou renversés, des maisons aux vitres soufflées ou aux volets dégondés.

«C’est la voiture de ma tante», témoigne Djibril Yazid, un jeune habitant, en montrant ce qu’il en reste, «une épave». C’est «comme si elle avait fait cinq ou six tonneaux, mais elle est restée à sa place, elle a juste goûté à la tempête», décrit-il.

Un désastre

La Citroën gris métal est stationnée devant la maison d’angle du jeune homme. «J’étais au travail, c’est mon frère qui m’a appelé, il était en pleurs. J’ai essayé de faire au plus vite, en arrivant je n’ai pu que constater : c’était un désastre, des tuiles par terre, des vitres cassées, tout arraché, les Velux, tout…»

«Ça fait mal au cœur, j’ai toujours habité là, c’est mon enfance, la voir comme ça… Je dirais pas que c’est fini mais on en prend un coup», dit-il encore.

À quelques mètres de là, l’école communale du «Petit Prince» a perdu un morceau de son clocher et les aiguilles de son horloge sont arrêtées sur le 5 des heures et le 4 des minutes, un horaire qui correspond à celui du passage de la tornade, lundi.

Sous le soleil matinal, les pompiers s’affairent pour sécuriser ce qui reste des habitations, s’assurer que tout danger d’effondrement est écarté.

Çà et là, des villageois et des proches essaient de récupérer ce qui peut l’être. Deux futurs mariés racontent rechercher leurs alliances alors que leur maison est entièrement détruite.

Pas de décès, «un miracle»

De son côté, José Gomes est venu de Trèbes pour aider un bon copain blessé. Il était là tôt, attendant que les gendarmes libèrent les accès à la petite commune sinistrée, tout comme d’autres personnes apportant des provisions ou souhaitant proposer leur aide.

La maison de son ami «est complètement tombée, il était dedans, il est blessé à la tête, il a trois-quatre côtes cassées», raconte-t-il. Dans les rues, des habitants s’agacent aussi de voir des représentants d’entreprises démarcher pour s’occuper des futurs travaux.

«Là, c’est l’état de choc», résume le maire, «il y a des gens qui ont tout perdu», souligne-t-il, évoquant «300 maisons qui sont impactées sur 476». «Il y a des lotissements qui sont littéralement balayés, y a plus rien», explique-t-il encore.

Le bas de la petite commune rurale, cernée par les champs et les vignes dans lesquels on devine des morceaux de toiture métallique, des restes de fauteuils de jardin ou encore des bouts de laine de verre isolante, est celui qui a été le plus touché. Le petit château qui s’y trouve – un solide quadrilatère construit au XVIe siècle – y a par exemple perdu des éléments de toiture.

Saluant la solidarité dont font preuve les uns et les autres, Hervé Giné, élu pour la première fois lors des dernières élections municipales, souhaite surtout retenir le «miracle» de l’absence de décès. «Je le dis à la population, c’est quand même le grand ouf de soulagement, parce qu’on aurait pu avoir 20-30 décès.»

Une tornade avait frappé Pétange en 2019

Le Luxembourg avait lui aussi été touché par une tornade il y a sept ans. Le 9 août 2019, un phénomène violent avait frappé le sud-ouest du pays, causant d’importants dégâts matériels. Des toitures avaient été arrachées, des arbres déracinés et plusieurs bâtiments endommagés. Le phénomène, classé comme une tornade, avait notamment fait 19 blessés et avait touché Pétange et Bascharage.

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