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Gaza : Netanyahu et Kushner envisagent une supervision militaire américaine du désarmement du Hamas


Le Hamas avait donné son accord fin juillet à un plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien. (Photo afp)

Les États-Unis et Israël tentent de finaliser un accord qui prévoit le désarmement du Hamas, condition obligatoire pour eux au retrait des troupes israéliennes de Gaza.

L’émissaire américain Jared Kushner a dit lundi espérer un début de désarmement du Hamas d’ici «30 jours», qui se ferait sous supervision d’un général américain, après avoir rencontré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. «Nous pourrions constater des progrès d’ici à peine 30 jours, avec, espérons-le, le début du retrait d’une partie des armes, et, espérons-le également, le comblement de certains tunnels au cours des 60 à 90 prochains jours», a-t-il déclaré depuis Tel Aviv à la chaîne américaine Fox News.

«Des progrès pourraient donc intervenir assez rapidement, mais cela nécessite la coopération des deux parties, et nous espérons bien sûr surmonter cette épreuve», a ajouté le gendre de Donald Trump. Selon un responsable israélien, Israël et les États-Unis sont convenus lundi de charger un général américain de superviser le désarmement du Hamas.

Un tel accord vise à satisfaire Israël, après que Benjamin Netanyahu, confronté à une difficile campagne de réélection, a rejeté publiquement le dernier volet d’un plan américain de sortie de guerre dans la bande de Gaza. «On a eu une très, très bonne réunion aujourd’hui. On a passé près de quatre heures avec lui et son équipe a passé en revue tous les détails (…) et a dissipé certains malentendus», a affirmé Jared Kushner, qui avait rencontré la veille des responsables du Hamas.

Le mouvement islamiste palestinien avait donné son accord fin juillet à ce plan américain prévoyant son désarmement et le retrait israélien du territoire palestinien, occupé à plus de 60 % par Israël. Dimanche, Jared Kushner avait rencontré des membres de la direction du Hamas, insistant, selon des sources proches des négociations, sur le désarmement du mouvement et appelant à des mesures vérifiables. «Ils ont dit tout ce qu’il fallait mais, à l’évidence, il est très très difficile de leur faire confiance», a dit l’émissaire américain à Fox News au sujet de sa rencontre avec le Hamas.

Le désarmement avant la reconstruction

Benjamin Netanyahu et Jared Kushner «ont convenu qu’aucun redéploiement ni aucune reconstruction n’auraient lieu dans la bande de Gaza avant que le Hamas ne soit désarmé dans l’ensemble du territoire, a affirmé un haut responsable israélien. Il a également été convenu que la première étape vers la démilitarisation de Gaza consisterait à demander au Hamas de remettre ses armes afin qu’elles soient mises hors service sous la supervision d’un général américain».

Jared Kushner était accompagné de membres du Conseil de paix de Donald Trump, notamment l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Selon un responsable de cet organe, qui n’a pas confirmé l’implication d’un général américain, «chaque arme collectée sera entièrement mise hors service». L’administration Trump a déjà nommé le général américain Jasper Jeffers à la tête de la Force internationale de stabilisation (ISF) appelée à se déployer à Gaza aux termes du plan du président américain, avalisé par l’ONU, qui a conduit à un cessez-le-feu, précaire, en octobre 2025.

Telle que rendue publique par le Conseil de Paix en juillet, la feuille de route prévoit que le désarmement du Hamas aille de pair avec le retrait israélien et soit supervisé par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe de technocrates palestiniens censé gérer provisoirement le territoire. En rejetant ce texte, Benjamin Netanyahu avait exigé un désarmement «véritable» du Hamas, dont l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 en Israël a déclenché la guerre à Gaza.

Absence de rôle futur pour le Hamas

Au pouvoir dans ce territoire depuis 2007, le mouvement a annoncé en juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au NCAG. Jared Kushner avait insisté dimanche sur l’absence de tout rôle futur du Hamas dans la gouvernance de Gaza, selon les mêmes sources proches des négociations.

Le mouvement palestinien avait de son côté appelé à exercer des pressions sur Benjamin Netanyahu pour débloquer la mise en œuvre de la feuille de route, avait indiqué un responsable du Hamas. Pendant des années, les États-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu’ils classent comme terroriste.

Le Hamas et Israël s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté et en demande d’aide humanitaire. Au moins 1 265 Palestiniens y ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont l’ONU juge les chiffres fiables. Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel du ministère de la Défense tués.

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