MUSIQUE Avec l'album Cathedral, John Carpenter rallume les machines. C'est l'occasion de revenir à ce qui, chez lui, a toujours battu du même pouls : le cinéma et la musique.
Filmer large et serrer la vis
Un plan de John Carpenter peut suffire à reconnaître la maison. Un écran très large, quelques personnages rejetés sur un bord, un couloir, une rue, une porte, beaucoup d'air autour d'eux... Et cette envie de surveiller le fond de l'image. Dans Halloween (1978), Michael Myers tient dans quelques centimètres de cadre. Carpenter transforme le format Scope, associé aux westerns et aux grands espaces, en surface à inspecter. Avec Dean Cundey, son complice de Halloween à Big Trouble in Little China (1986), il rend le vide inquiétant. Ce goût vient en partie d'Howard Hawks. Carpenter le revendique dès le début, et Assault on Precinct 13 (1976) reprend carrément le siège de Rio Bravo (1959), transporté dans un commissariat de Los Angeles. Pour signer le montage, Carpenter choisit même le pseudonyme, John T. Chance – le nom du shérif joué par John Wayne chez Hawks. Le clin d'œil en dit long : Carpenter trace à Hollywood avec ses héros dans la poche et l'énergie d'un groupe de rock. Sur ses premiers films, il écrit, réalise, monte, compose et règle lui-même une partie des problèmes, chaque dollar compte et il tient à garder la main. En 1978, interrogé par Sight and Sound sur cette position d'homme-orchestre, il répond que le montage et l'écriture relèvent de la «self-défense». Quant à la musique, il se considère comme le meilleur compositeur disponible à ce tarif.
Son minimalisme naît dans cette alliance entre goût et nécessité. Carpenter aime aller droit au point sensible. The Thing (1982) enferme douze hommes avec une créature capable d'être chacun d'eux. Prince of Darkness (1987) met ...
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