Compte tenu de la situation hydrologique du département, Yves Seguy, préfet de Meurthe-et-Moselle, a décidé de placer plusieurs zones en situation de crise.
Le département de Meurthe-et-Moselle connaît actuellement un niveau historiquement bas des cours d’eau, avec un assec affectant plus de 50 % des stations de référence. Cette situation suscite une vigilance accrue. Les prévisions météorologiques ne laissent présager aucune amélioration à court terme.
Les conséquences sur le territoire
Concernant, l’approvisionnement en eau potable, des tensions quantitatives sont d’ores et déjà constatées ou prévues à court terme, affectant plus de 35 000 habitants du département. Cela se traduit par la mise en œuvre de mesures exceptionnelles qui peuvent être la distribution d’eau embouteillée, le remplissage de réservoirs d’eau potable par un camion-citerne, la pose d’une canalisation temporaire depuis un réseau de distribution voisin. Des interconnexions de secours sont également activées lorsqu’elles existent et à la condition de ne pas mettre en difficulté les réseaux voisins. Chaque situation fait l’objet d’un traitement au cas par cas qui prend en compte les besoins et possibilités du territoire.
La baisse des débits entraîne une dégradation de la qualité de la ressource en eau, avec des risques accrus de non-conformité aux normes sanitaires ;
Les centrales nucléaires de Cattenom sur la Moselle et de Chooz sur la Meuse ont dû réduire leur production d’électricité afin de ne pas aggraver la situation des cours d’eau. Une surmortalité des espèces piscicoles est observée, notamment liée à l’élévation des températures des cours d’eau. L’assèchement des milieux aquatiques provoque un effondrement des écosystèmes, avec des perturbations durables pour la faune et la flore locales. Certaines espèces autochtones pourraient disparaître définitivement, et leur rétablissement, s’il est possible, nécessitera plusieurs années.
Des tensions locales ont également amené plus d’une vingtaine de collectivités à prendre des arrêtés municipaux plus restrictifs.
Un effort collectif doit être réalisé afin de préserver les capacités de la ressource pour les enjeux prioritaires que sont l’alimentation en eau potable des populations, les usages en lien avec la santé, la salubrité publique, la sécurité civile, et notamment la lutte contre les incendies, l’abreuvement des animaux et la préservation des fonctions biologiques des cours d’eau. L’objectif des mesures prises est de prescrire aux usagers (particuliers, collectivités, entreprises, agriculteurs) des restrictions provisoires d’usage de l’eau, proportionnées à l’intensité de la sécheresse.
Les services de l’État et les collectivités sont mobilisés pour faire respecter ces dispositions. Des contrôles sont réalisés sur tout le territoire pour s’en assurer. En cas de non-respect, des suites administratives ou pénales peuvent être mises en œuvre.
Limiter sa consommation d’eau, des interdictions
Cette situation exceptionnelle doit amener chacun à interroger et limiter sa consommation d’eau à toutes les échelles de la société (activités économiques, de loisirs ou sociales). La multiplication des petits gestes du quotidien permet aussi des économies sur l’eau potable (seul 7 % de la consommation d’eau domestique sert à l’hydratation et à la préparation des repas) : ne faire tourner les machines à laver que lorsqu’elles sont pleines, éviter les bains, diminuer le temps sous la douche, fermer le robinet lorsqu’on n’utilise pas l’eau, mettre des mousseurs…
En situation de crise interdiction de lavage des véhicules à domicile et en station, interdiction d’arrosage des pelouses, jardins privés, espaces verts publics et terrains de sport, une exception est faite pour les potagers, interdiction de remplissage des piscines privées et publiques, interdiction de nettoyage des espaces extérieurs (voiries, terrasses, façades, toitures…), interdiction d’arrosage des golfs, sauf greens,
interdiction d’irrigation par aspersion des cultures (pour quelques exceptions autorisation de 20h à 8h), en plus de ces limitations provisoires, des mesures spécifiques sont prévues pour les industriels, les hydro-électriciens, la navigation fluviale et les travaux réalisés en cours d’eau.