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Israël «rejette» le plan américain pour Gaza, accepté par le Hamas


Israël semble avoir réduit, sans toutefois les interrompre, ses opérations à Gaza depuis l'annonce de l'accord sur le désarmement du Hamas la semaine dernière. (Phoot afp)

Confronté à un plan pour Gaza édicté par les États-Unis à l’approche d’élections susceptibles de mettre fin à sa longue carrière, Benjamin Netanyahu a dû choisir entre satisfaire son allié américain ou sa base électorale de droite.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche avoir «rejeté» la dernière feuille de route américaine pour Gaza acceptée par le Hamas, se distançant de son allié Donald Trump et tentant de contenter sa base électorale avant de délicates législatives en octobre.

Pour Nikolaï Mladenov, le haut représentant du Conseil de paix du président américain à Gaza, il s’agit pourtant de «la seule voie à suivre» pour éviter une attaque similaire à celle du 7 octobre 2023, a-t-il dit à la chaîne israélienne 12.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix, conditionnant tout retrait des troupes israéliennes à un «véritable» désarmement du Hamas palestinien. Le texte est vivement contesté par les alliés d’extrême droite du Premier ministre, qui a explicitement annoncé le rejet du document en 15 points présenté fin juillet par le Conseil de paix.

Le mouvement islamiste a appelé les Américains à faire pression sur lui et son gouvernement, «afin qu’ils respectent la feuille de route et n’entravent pas le processus pour des raisons de politique intérieure ou électorale», a indiqué un membre de son bureau politique, Bassem Naïm. L’armée israélienne «n’effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé», a déclaré Benjamin Netanyahu, lors d’une réunion du cabinet.

Il a qualifié le président américain de «plus grand ami (d’Israël) à la Maison-Blanche», tout en faisant comprendre qu’il était prêt à lui tenir tête: «ils ont des idées, certaines nous conviennent et d’autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions.» Les relations entre les deux hommes s’étaient dégradées en avril, lors des négociations sur un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s’en prenant alors à son allié israélien, accusé de faire obstacle.

Un plan impopulaire

Benjamin Netanyahu, dirigeant ayant exercé le plus longtemps le pouvoir en Israël, est au coude-à-coude avec ses adversaires dans certains sondages à l’approche des élections du 27 octobre, les premières depuis l’attaque du Hamas, prélude à la guerre à Gaza. Les sondages montrent que le plan américain est largement impopulaire auprès de son électorat de droite, tandis que ses alliés d’extrême droite l’appellent à le faire échouer.

Le Hamas avait accepté le texte qui, dans sa version publiée par le Conseil de paix, lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Face aux inquiétudes israéliennes et à l’issue d’une rencontre lundi avec Benjamin Netanyahu, Nikolaï Mladenov lui avait assuré qu’Israël ne se retirerait qu’après un désarmement «complet» du Hamas, sans parvenir à rassurer.

Le haut représentant pour Gaza a indiqué dimanche que des discussions étaient en cours avec Israël, disant espérer qu’elles «débouchent sur une issue positive pour tous. S’il y a un vrai désarmement, alors Israël se retirera», a-t-il assuré.

Le texte stipule que le désarmement et le stockage de l’arsenal du Hamas seront assurés par le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un organe technocratique palestinien chargé de gérer le territoire dans une phase transitoire, actuellement bloqué en Egypte par le refus israélien de le laisser entrer.

«Pas de désarmement fictif»

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur à Gaza depuis octobre. L’Egypte, un médiateur clé, a appelé dimanche toutes les parties à «honorer leurs engagements» et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre les avancées, lors d’un entretien entre le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et Nikolaï Mladenov.

Le Hamas défend depuis longtemps un désarmement progressif, plutôt qu’une reddition unilatérale de son arsenal, tandis qu’Israël veut une destruction des armes. Benjamin Netanyahu, faisant état de discussions avec les Etats-Unis, a insisté dimanche sur la nécessité pour l’organisation de renoncer «aux armes lourdes, aux moins lourdes: à toutes les armes», refusant un «désarmement fictif.»

Israël semble avoir réduit, sans toutefois les interrompre, ses opérations à Gaza depuis l’annonce de l’accord sur le désarmement du Hamas la semaine dernière. Parmi les incidents signalés dimanche, des tirs ont blessé un enfant, qui a été hospitalisé à Khan Younès (sud), d’après la Défense civile.

Selon le ministère de la Santé, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont considérés comme fiables par les Nations unies, les opérations israéliennes à Gaza ont fait 1.258 morts depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. L’armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi qu’un employé civil sous contrat.

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