Les attaques meurtrières sur Kiev et d’autres villes ukrainiennes se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Le même constat vaut pour les réactions des dirigeants européens. Mercredi, au moins 17 civils ont été tués dans des frappes nocturnes russes. Une énième fois, le président français, Emmanuel Macron, a qualifié d’«inacceptable» la «politique de terreur» menée par Moscou. Autres «classiques» : l’Ukraine et ses alliés ne «céderont ni à la lassitude ni à l’intimidation», tandis que l’UE «continuera d’accroître la pression sur la Russie, notamment par des sanctions». La cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé des «atrocités horribles». Elle a au moins pu annoncer le transfert à Kiev de 1,4 milliard d’euros supplémentaires, provenant des bénéfices exceptionnels tirés des quelque 200 milliards d’euros d’avoirs russes gelés par l’UE.
Pour le reste, le constat est accablant. Faute d’intercepteurs, la défense antiaérienne ukrainienne n’a pu abattre aucun missile russe. Le président Volodymyr Zelensky en est, lui aussi, réduit à répéter les mêmes appels : «Les retards de livraison ou la réticence à fournir des systèmes antibalistiques conduisent à (des) pertes humaines.» L’Ukraine affirme n’avoir reçu en 2026 qu’un tiers du volume de missiles livré en 2025. Les Alliés ont promis 70 milliards d’euros d’aide militaire cette année, mais les capacités de production ne suivent pas. Le président américain, Donald Trump, a un temps laissé espérer que l’Ukraine pourrait se procurer davantage de missiles Patriot, voire obtenir une licence pour en produire. La volte-face n’a pas tardé.
Une lacune dangereuse continue donc d’exister dans l’arsenal ukrainien, malgré le succès de la multiplication des frappes sur le territoire russe. La population ukrainienne a besoin de protection, pas de paroles. Il faut néanmoins s’interroger sur la capacité réelle des Alliés. À l’aéroport de Leipzig, il a fallu le bon réflexe d’un chauffeur de bus pour neutraliser à mains nues un drone chargé d’explosifs, potentiellement déployé par la Russie (lire en page 8). Malgré les démentis de Moscou, cet incident doit aussi nous inquiéter : les failles observées en Ukraine ne s’arrêtent pas aux frontières de l’OTAN.