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Guerre au Moyen-Orient : Trump suspend les frappes américaines contre l’Iran


Devant le Grand Bazar de Téhéran, samedi. (Photo : afp)

Donald Trump a annoncé suspendre de nouvelles frappes prévues contre l’Iran à la demande de Téhéran et d’autres pays de la région, à condition qu’un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient soit rapidement conclu.

Le président américain s’est notamment entretenu par téléphone avec le prince héritier saoudien, un allié clé des États-Unis dans la région, a rapporté ce dimanche l’agence de presse officielle saoudienne SPA, quelques heures après l’annonce du président américain.

Mohammed ben Salmane l’a appelé à «privilégier le dialogue afin de réduire les tensions», et encouragé à «déployer tous les efforts possibles pour obtenir une trêve», selon SPA.

Celui qui avait menacé vendredi de frapper l’Iran «très fort» a, comme de nombreuses fois depuis le début du conflit fin février, changé d’avis.

Les États-Unis étaient «prêts à frapper la République islamique d’Iran, à des niveaux […] de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale», a écrit samedi le président américain sur sa plateforme Truth Social.

«Malgré cela, nous venons d’être priés par l’Iran, et par d’autres pays du Moyen-Orient, de suspendre toute attaque», a-t-il poursuivi. «Sur la base de cette demande, j’ai accepté […] d’annuler l’attaque, sous réserve de pouvoir conclure rapidement un ACCORD. Israël se joint à moi dans cet engagement».

L’Iran n’a pour l’heure pas commenté les affirmations de Donald Trump. Mais avait fait savoir que son chef de la diplomatie multipliait les échanges : le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est entretenu selon les médias officiels de son pays avec son homologue saoudien, ainsi qu’avec son homologue turc et le chef de l’armée du Pakistan, pays médiateur dans le conflit.

Lors de ces appels téléphoniques, il a mis en garde contre «le risque d’escalade» dans la région, répétant que l’Iran était «entièrement prêt à se défendre» et à «répondre de manière proportionnée» à toute attaque – en mentionnant les alliés des États-Unis dans la région, déjà largement touchés en représailles à l’offensive américano-israélienne sur l’Iran.

«Flammes de la guerre»

«Tout pays qui se dresse comme bouclier défensif de l’Amérique criminelle […] sera voué aux flammes de la guerre», avait auparavant dit plus directement le chef de l’armée iranienne.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end. CBS News mentionnait la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et les centrales électriques, menées par les États-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Les États-Unis et l’Iran avaient eux repris leurs frappes mutuelles dans la région début juillet, faisant voler en éclat le protocole d’accord conclu un mois plus tôt pour installer durablement le cessez-le-feu en vigueur depuis avril.

Samedi avant l’annonce de Donald Trump, les ambassades américaines au Moyen-Orient avaient appelé leurs ressortissants à «envisager de quitter» le Moyen-Orient en raison d’une possible «escalade» du conflit régional.

L’Égypte a notamment été frappée mercredi pour la première fois depuis le début de la guerre. Un drone a touché deux navires gaziers, dont un exploité par une société américaine, dans le port de Damiette. Les responsables n’ont pour l’heure pas été identifiés, mais l’attaque a laissé entrevoir l’éventualité d’une extension du conflit.

La guerre s’est déjà étendue récemment avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l’Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.

Ces mesures font peser une menace sur la circulation maritime par le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, à la limite sud de la mer Rouge, dont l’importance s’est accrue depuis le blocage du détroit d’Ormuz – dont le président Trump a de nouveau réclamé l’ouverture «COMPLÈTE ET TOTALE» dans son dernier message.

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