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Chypre divisée : Guterres propose une relance des discussions


Antonio Guterres traverse la zone tampon contrôlée par les Nations unies dans la capitale divisée de Chypre, Nicosie. (Photo : afp)

Le secrétaire général de l’ONU a proposé mercredi une réunion des deux parties rivales avec les «garants» de l’équilibre institutionnel de cette île divisée depuis 1974.

La proposition d’Antonio Guterres a été favorablement accueillie par les deux présidents rivaux de Chypre qui ont salué les efforts déployés par le secrétaire général des Nations unies.

La Turquie, marraine de la République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée sur un tiers du territoire chypriote, a en revanche rapidement relevé que, pour l’instant, «aucun terrain d’entente» n’existait «encore entre les deux parties sur l’île».

Dans la soirée, le chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan, a prévenu que toute «initiative qui ignorerait l’égalité souveraine des Chypriotes turcs, leurs droits et leurs intérêts légitimes» serait vouée à l’échec. «Les tentatives de reléguer les Chypriotes turcs au rang de minorité ont échoué par le passé. Seule une solution juste, durable et pérenne permettra d’instaurer un calme durable sur l’île» a-t-il insisté, tout en saluant la visite d’Antonio Guterres à Chypre.

Après huit ans de paralysie et 16 ans après la précédente visite d’un patron des Nations unies, Antonio Guterres a eu mardi des entretiens avec les responsables de la RTCN, reconnue par la seule Turquie, et avec ceux de la République de Chypre, membre de l’UE.

«Nous travaillerons en concertation avec les deux parties et les garants afin de créer les conditions du succès de la réunion», a déclaré le secrétaire général de l’ONU devant la presse à Nicosie, faisant référence aux responsables chypriotes turcs et grecs, à la Grèce, à la Turquie, au Royaume-Uni ainsi qu’aux Nations unies.

Les deux présidents prêts à discuter

«J’ai obtenu l’accord des deux parties et des garants pour organiser une réunion à cinq plus un. Cependant, une préparation adéquate est indispensable car je souhaite éviter de nouvelles réunions qui ne servent à rien : je veux que celle-ci soit fructueuse et favorise la recherche d’une solution», a prévenu Antonio Guterres.

Le président chypriote, Nikos Christodoulides, a fait savoir dans un communiqué qu’il avait «accepté la convocation d’une conférence élargie», assurant que les préparatifs allaient se poursuivre. Antonio Guterres a montré qu’il était «pleinement attaché aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies» qui prônent la réunification de l’île, a-t-il souligné.

De son côté, le président de la RTCN Tufan Erhürman, qui plaide depuis son élection en octobre pour la mise en place d’une fédération, a affirmé «vouloir une solution» en accord avec la Turquie afin de ne pas froisser ses tuteurs. «Cette fois il faut faire quelque chose de différent. Nous continuerons à mener le processus en étroite et pleine concertation avec le pays garant, la République de Turquie, comme nous l’avons fait jusqu’à présent» a-t-il dit.

Rappelant des décennies de vaines réunions pour parvenir à un projet de réunification, Antonio Guterres a appelé les dirigeants des deux parties à «intensifier» leurs efforts et à définir des «mesures de confiance». «Il était de mon devoir de venir à Chypre», a-t-il estimé alors que son ultime mandat s’achève à la fin de l’année et que la course à sa succession est engagée.

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