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L’accès au numérique au Luxembourg, pas encore pour tout le monde


(Photo : archives editpress/didier sylvestre)

Un rapport du Liser a étudié comment se faisait l’inclusion numérique dans le pays en 2025. Les inégalités persistent.

Le gouvernement l’a dit et répété : sans digitalisation, point de salut. Le numérique est au cœur de toutes ses réformes, surtout pour transformer l’administration et le secteur public. Oui, mais encore faut-il que les usagers d’internet puissent en bénéficier. Car aujourd’hui, la fracture numérique ne passe presque plus par l’accès ou non à internet : seuls 0,87 % des habitants n’ont jamais utilisé le web. Les inégalités se situent désormais dans les usages et les bénéfices que chacun est capable d’en retirer. Or tous ne sont pas égaux face à leur écran, comme le montre le rapport de deux chercheurs du Liser, Ludivine Martin et Nicolas Poussing, rendu public ce lundi et analysant la situation en 2025.

Le constat est sans appel : le niveau d’éducation est le principal facteur d’inégalité. Les personnes dont le niveau d’études ne dépasse pas le premier cycle du secondaire sont de loin les plus nombreuses parmi les «faibles utilisateurs» d’internet. Le rapport montre aussi que les personnes de 65 ans et plus, celles qui vivent seules, qui connaissent des difficultés financières ou encore les personnes de nationalité portugaise sont davantage exposées à cette forme de fracture numérique.

Concrètement, ces personnes utilisent moins les services administratifs en ligne, les achats sur internet, les services bancaires numériques ou encore les outils permettant de rechercher des informations. À l’inverse, les internautes les plus diplômés exploitent beaucoup plus largement les possibilités offertes par le numérique.

Des formations à penser

L’étude établit un lien étroit entre le niveau de compétences numériques et les bénéfices retirés de l’usage d’internet, qu’ils soient économiques, sociaux ou pratiques : les internautes les plus compétents sont systématiquement ceux qui en tirent le plus d’avantages. Pour augmenter leur niveau, les utilisateurs ont plusieurs possibilités, mais elles ne se valent pas toutes, précise l’étude.

Par exemple, l’autonomie (la capacité à se former soi-même ou à résoudre seul les difficultés rencontrées) est le facteur le plus important. Les formations payantes constituent le deuxième levier le plus efficace, en particulier pour les avantages économiques, tandis que l’aide reçue de proches (famille, amis, collègues) profite surtout au capital social.

Les formations gratuites proposées par des organismes ou programmes publics ont des effets plus limités et ont surtout l’avantage de favoriser la création de nouveaux liens sociaux.

Quelques pistes de réflexion pour réduire cette fracture numérique et sociale sont proposées, comme mettre en place des programmes de formation différenciés selon les niveaux de compétences des internautes, en ciblant en priorité les publics les moins diplômés et les plus âgés.

L’étude est disponible ici.

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