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Hongrie : le parti d’Orban soupçonné de corruption


Le nombre de mandats pour un Premier ministre a été limité à deux, ce qui devrait théoriquement empêcher le retour au pouvoir de Viktor Orban. (Photo : afp)

Le parquet a perquisitionné des locaux du Fidesz, le parti de Viktor Orban, en raison de soupçons de corruption en lien avec l’utilisation de fonds destinés à la culture. 

«Le parquet de Bács-Kiskun mène une enquête dans une affaire pénale ouverte en lien avec le Fonds national de la culture (NKA), concernant le délit de détournement de fonds et d’autres infractions pénales», a déclaré une porte-parole du parquet. 

Plus tôt, le Fidesz avait annoncé que des perquisitions étaient en cours dans le centre de données qui héberge ses serveurs, dans un communiqué publié sur Facebook. «Des enquêteurs du parquet se sont présentés sans prévenir au centre de données qui héberge les serveurs de Fidesz, avec l’intention de saisir l’ensemble du système de communication du parti ainsi que ses bases de données», a affirmé le parti. 

Il a dénoncé «une tyrannie (qui) a atteint un nouveau niveau» alors que depuis sa victoire aux législatives d’avril, le Premier ministre conservateur et pro-européen Peter Magyar a promis de tourner la page du régime illibéral mis en place par Viktor Orban et mettre fin à une corruption devenue endémique. 

«Il n’y a eu aucun précédent de ce genre en Hongrie depuis 1990 et la fin du communisme», a ajouté le Fidesz qui a promis de ne céder «ni aux menaces politiques ni aux menaces juridiques». 

Le mois dernier, six personnes, dont Balazs Bus, membre du Fidesz et ancien vice-président du NKA, avaient été mis en examen pour détournement de fonds et placées en détention dans ce dossier. 

Magyar fait le ménage

Depuis les législatives, de nombreuses accusations ont surgi concernant le fonctionnement du NKA. L’acteur Aron Molnar a ainsi publiquement affirmé qu’il fonctionnait comme une agence de paiements gérée par l’État au service du premier cercle du Fidesz. 

Le site d’information indépendant Telex a lui publié des courriels dans lesquels un musicien demande, et obtient, 500 millions de forints (1,4 million d’euros) du fonds pour faire campagne en faveur du camp national avant les élections. 

L’administration fiscale a conclu qu’il existait de sérieux soupçons que la direction du NKA ait outrepassé ses pouvoirs lors de l’attribution de 1 079 subventions, pour un montant total de plus de 17 milliards de forints (47 millions d’euros), selon un précédent communiqué du parquet. 

Depuis que Peter Magyar a délogé Viktor Orban du pouvoir qu’il occupait depuis 16 ans, il s’est attelé à démanteler le système mis en place pour verrouiller les institutions du pays en faveur du Fidesz, avec le vote en quelques semaines d’une loi anticorruption et d’une autre pour démanteler le Bureau dit de protection de la souveraineté, qui ciblait les voix critiques. 

Le nombre de mandats pour un Premier ministre a été limité à deux, ce qui devrait théoriquement empêcher le retour au pouvoir de Viktor Orban. 

Le dirigeant de 45 ans a également approuvé une refonte des médias publics, et il y a deux semaines la télévision et radio publiques ont vu leurs journaux télévisés retirés de l’antenne, en attendant la constitution d’une nouvelle direction de l’information indépendante et crédible. 

Dernière réforme en date : le parlement a voté la semaine dernière un amendement constitutionnel qui a permis entre autre d’écarter le président Tamas Sulyok, un proche d’Orban. 

En attendent une refonte de la Constitution, l’amendement prévoit aussi de limiter à trois le nombre de mandats pour les députés, ce qui empêcherait plusieurs figures de l’opposition de se représenter en 2030.

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