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Pour les résidents du pays, «il est urgent de s’adapter aux vagues de chaleur urbaine»


En juin dernier, lors de l'épisode de canicule, la place Guillaume-II a affiché près de 43°C. (Photo : fabrizio pizzolante)

Selon l’enquête Transiter menée par le Liser auprès de 3 000 personnes, plus de 85 % des habitants jugent urgent d’agir contre les vagues de chaleur urbaine.

Le mois de juin a battu tous les records au Luxembourg. Dans une interview accordée au Quotidien lundi, Jürgen Junk, chercheur au LIST, expliquait que cette vague de chaleur fut«exceptionnelle» tant dans sa précocité que son intensité. Alors face à ces conditions extrêmes, l’adaptation des villes devient plus que nécessaire. Mais alors, quelles mesures les résidents du pays sont-ils prêts à faire? Cette question a fait l’objet d’une étude par le Liser. L’enquête appelée Transiter s’est basée sur les réponses d’environ 3 000 personnes avec un échantillonnage réalisé de manière à ce qu’il soit statistiquement représentatif.

Le rapport révèle ainsi que 85,2 % des personnes interrogées estiment «qu’il est important voire très important de s’adapter urgemment aux vagues de chaleur urbaine». Des chiffres conséquents, d’autant plus que cette enquête a été menée au début de l’année, en pleine période hivernale. Parmi les personnes ayant jugé l’adaptation urgente, la raison la plus souvent citée (60 %) est l’équité. Les répondants ont ainsi souligné que «les personnes sans accès à un jardin ou à une terrasse privative, devrait pouvoir bénéficier d’espaces extérieurs pour se rafraîchir durant les périodes de canicule. Les personnes interrogées ont également noté qu’elles ressentaient un net besoin de mesures d’adaptation.

Les jeunes plus enclins au changement 

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs du Liser ont sondé les résidents sur leur perception de quatre mesures destinées à atténuer la chaleur estivale : l’installation de voiles d’ombrage dans l’espace public, l’implantation de brumisateurs et de fontaines d’eau en ville, l’obligation d’utiliser des matériaux réfléchissants sur les toits et les façades, ainsi que la suppression de certaines places de stationnement. Ces mesures ont toutes bénéficié d’un soutien public solide avec des notes moyennes systématiquement supérieures au «seuil d’acceptabilité sociale».

Mais les réponses varient aussi en fonction de certains critères. D’après le Liser, les étudiants sont plus favorables que les retraités à ces mesures. Les locataires soutiennent davantage ces idées que les propriétaires et les habitants d’appartements que ceux résidant dans une maison individuelle. Enfin les personnes aux revenus modestes ou citadins sont les plus enclines à ces changements. «Ce profil est révélateur : il s’agit précisément des personnes qui disposent de peu de possibilités ou de moyens pour se procurer de l’ombre ou aménager des espaces rafraîchissants (auvents, jardins arborés ou climatisation). Ce sont également les plus exposés à la chaleur dans des environnements urbains denses, parfois dotés d’espaces verts limités», expliquent les chercheurs du Liser dans leur étude.

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