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Nucléaire : Pékin défie Washington


La marine chinoise a effectué une démonstration de force cette semaine. (Photo : afp)

La marine chinoise a testé un missile à la capacité nucléaire ce lundi, défiant les États-Unis et ses alliés.

Le lancement lundi par un sous-marin chinois d’un missile pouvant emporter une ogive nucléaire est une démonstration de la puissance militaire croissante de Pékin à un moment où son grand adversaire américain a le regard tourné vers le Moyen-Orient plutôt que vers l’Asie. Cet essai, critiqué par les pays de la région et Washington, «suggère que Pékin cherche à démontrer à elle-même et au monde que sa triade nucléaire est crédible», estime Nathan Beauchamp-Mustafaga, expert du groupe de réflexion américain Rand Corporation.

La triade nucléaire correspond à la capacité d’un pays de tirer des armes nucléaires depuis la terre, la mer et les airs, un avantage stratégique majeur. La Chine avait déjà annoncé en 2024 un tir d’essai d’un missile balistique intercontinental, a priori depuis le sol.

Le tir de lundi est «donc un autre vecteur de la triade, le maritime», souligne Jacob Stokes, expert au sein du cercle de réflexion américain Center for a New American Security. «Si la dynamique se poursuit, on pourrait voir à l’avenir un tir de missile balistique depuis les airs.»

Pékin a publié peu de détails sur son tir depuis un sous-marin, mais selon Taïwan, c’est un missile balistique JL-2, avec une portée d’environ 7 000 km, qui a été lancé depuis la surface, et non sous l’eau. Pékin dispose de six sous-marins à propulsion nucléaire lanceurs d’engins, selon Washington.

Le tir de ce début de semaine ne fait ainsi que confirmer des capacités déjà connues, estime Nathan Beauchamp-Mustafaga, «donc pour Washington et la région, l’importance du test est moins technique que stratégique, la Chine envoyant un signal politique.»

«Je pense que cela vise l’idée même d’alliances menées par les États-Unis dans la région», poursuit Emma Chanlett-Avery, chercheuse au cercle de réflexion américain Asia Society Policy Institute. Washington tente, particulièrement depuis les années Obama, de faire pivoter ses priorités géopolitiques vers l’Asie pour mieux faire face à la croissance de l’influence de la Chine, devenue son principal adversaire économique. Mais, de l’Ukraine à l’Iran, les États-Unis se sont récemment concentrés sur leurs zones d’influence historiques.

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