Un plan de suppression de postes sans précédent va toucher le groupe Volkswagen. Des dizaines de milliers d’emplois sont en jeu.
Les salariés du géant de l’automobile Volkswagen se sont mobilisés jeudi contre les plans d’économies «brutaux» dénoncés par IG Metall, tandis que la direction prépare une restructuration susceptible de devenir la plus importante de l’histoire de l’industrie allemande.
«Celui qui s’en prend aux salariés et à la codécision prend le risque de déclencher un conflit (social) majeur», a déclaré Thorsten Gröger, négociateur du syndicat IG Metall, devant les portes du site historique de Wolfsburg, au moment où la direction va discuter avec des représentants de salariés et d’actionnaires un vaste plan pour relancer le groupe aux dix marques en crise.
Le plan, discuté jeudi au sein du conseil de surveillance, organe de contrôle du groupe, prévoit selon la presse des dizaines de milliers de suppressions de postes supplémentaires dans le monde et la fermeture de quatre usines en Allemagne. «Nous résisterons de toutes nos forces à toute attaque (…) sur les effectifs du groupe Volkswagen et sur nos usines», a dit Thorsten Gröger dans un communiqué distinct.
Tout en reconnaissant la crise que traverse l’industrie automobile allemande, la présidente du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, Daniela Cavallo, a quant à elle appelé la direction à présenter «un plan global pour l’avenir» du groupe. L’éventuel détachement de la marque Volkswagen en société distincte se heurte aussi à l’opposition des salariés et du Land actionnaire de Basse-Saxe, qui y voient une menace pour les droits de codécision garantis par une loi spécifique à la gouvernance du groupe adoptée en 1960. Si aucune décision majeure n’est attendue le jour même, c’est bien ce vaste plan d’économie qui dominera les débats. Car Volkswagen fait face à une accumulation de défis : droits de douane américains, concurrence chinoise et retard technologique dans la mobilité électrique, le numérique, la robotique et l’IA.