[MONDIAL-2026] Le huitième de finale perdu dimanche contre la Norvège (2-1) était la dernière sortie de Neymar sous le maillot de Brésil, qu’il aura porté 130 fois, pour 80 buts. Dont un dernier inutile.
Éliminé par la Norvège (2-1) en huitième de finale du Mondial, Neymar (34 ans) a joué dimanche à East Rutherford son dernier match avec le Brésil, ponctué d’un torrent de larmes, après avoir marqué un penalty qui a vainement réduit l’écart. Assis sur la pelouse du MetLife Stadium, le n° 10, en pleurs, était entouré de ses coéquipiers venus le réconforter.
Mais il est resté inconsolable : son rêve de remporter la Coupe du monde, seul trophée manquant à sa carrière, venait de s’évanouir sous les coups de boutoir d’Erling Haaland, auteur d’un doublé en fin de match. «J’ai essayé, j’ai essayé. Maintenant, c’est fini. Ça a commencé ici, ça s’achève ici», a déclaré «Ney» après coup au site Globo Esporte.
Seulement deux entrées au Mondial
C’est en effet dans l’enceinte new-yorkaise qu’il avait débuté sa carrière internationale 16 ans plus tôt, lors d’un match amical remporté (2-0) face aux États-Unis avec son premier but en prime. Plombé par des problèmes physiques ces dernières années, le joueur de Santos a finalement été sélectionné par Carlo Ancelotti pour le Mondial. Mais, arrivé avec une blessure au mollet droit, il a peu joué, n’entrant en jeu qu’en seconde période de deux des cinq matches disputés par la Canarinha.
Sa 130e et dernière sélection, Neymar l’a validée à la 67e minute du match, quand le sélectionneur italien a décidé de le sortir du banc pour suppléer Gabriel Martinelli. Son premier dribble fut raté, sa première passe aussi, peut-être un excès d’émotion alors que le public venait d’immortaliser l’instant en sortant les smartphones.
Les minutes se sont égrainées sans qu’il parvienne à redonner du souffle et de l’inspiration à l’attaque de son équipe, à l’image de ce dribble forcé dans la surface au milieu d’une forêt de jambes norvégiennes. Alors, avec l’élimination galopante, la frustration l’a gagné et Neymar a un peu craqué. D’abord en étant l’auteur d’une vilaine semelle sur Odegaard (90+5), ensuite en allant bousculer d’autres Norvégiens accourus vers eux. Il hérita d’un carton jaune mérité.
Record de buts amélioré, en vain
Cette action peu à son avantage allait-elle être la dernière trace laissée par Neymar? Non. Car un coup de coude d’Ostigard sur le visage de Casemiro a été sanctionné d’un penalty, le deuxième du match pour la Seleção, frustrée d’avoir manqué le coche en première période quand Bruno Guimarães avait vu son tir repoussé par Orjan Nyland (13e).
Alors, dans ces dernières secondes du temps additionnel, alors que la victoire avait de toute façon choisi le camp de la Norvège, l’attaquant de 34 ans ne s’est pas fait prier pour le tirer. Mais juste avant, dans un climat devenu de plus en plus électrique, il a eu des mots échangés avec Nyland, qui a tenté de le perturber en faisant mille gestes désordonnés sur sa ligne.
Il en fallait plus pour priver l’idole brésilienne de son 80e but en sélection, record amélioré, avec un plat du pied à contrepied. Sauver l’honneur de la Canarinha, qui échoue à ce stade précoce pour la première fois depuis 1990, ne consolera pas Neymar. Et ce but vain n’aura eu la valeur que d’un adieu aux larmes, dans une compétition qui ne lui aura jamais réussi (demi-finaliste sans jouer car blessé en 2014, quart de finaliste en 2018 et 2022).
La presse brésilienne a déploré lundi l’élimination de la Seleção du Mondial-2026 au lendemain de sa défaite en 8e de finale contre la Norvège (2-1), s’en prenant au «style» trop «pragmatique» de Carlo Ancelotti. «Le plan d’Ancelotti échoue, dans un style qui ne correspond pas» au Brésil, regrette le site spécialisé Globo Esporte, qui souligne aussi les occasions manquées par la Seleção qui «n’a pas su être létale», à commencer par le penalty manqué par Bruno Guimarães à 0-0.
Les Brésiliens, cinq fois titrés au Mondial, quittent la compétition en huitième de finale, une première depuis 1990. «Le rêve d’un sixième titre s’est envolé une fois de plus», se désole le quotidien O Globo. De son côté, UOL estime que le Brésil a joué «de manière pragmatique, à l’encontre de son ADN». Le média explique «l’échec» de cette Coupe du monde par l’insistance de faire jouer Neymar malgré ses blessures et la valse des entraîneurs depuis le dernier Mondial (trois en tout).
Malgré les critiques, le prestigieux entraîneur italien Carlo Ancelotti, 67 ans, a vu son contrat avec le Brésil prolongé jusqu’au prochain Mondial, en 2030. Le quotidien Folha de S.Paulo préfère regarder vers l’avenir : «Dans l’improvisation, nous n’avons pas réussi. Désormais, Ancelotti a quatre ans pour construire une équipe».