La députée déi gréng Joëlle Welfring va rejoindre la BEI en tant que haute fonctionnaire détachée. Josée Lorsché lui succédera, mais d’ici là, le travail continue jusqu’en octobre.
Elle n’a pas pu résister à cette opportunité. Joëlle Welfring, 52 ans, quitte la Chambre des députés pour la BEI. Ce n’est pas une embauche, elle va réintégrer la fonction publique et sera détachée auprès de la BEI en tant que première conseillère de gouvernement au ministère des Affaires étrangères et sera en charge des projets liés au climat et au genre. Ce nouveau poste à la BEI lui ouvre de nouvelles perspectives européennes et internationales qui la motivent.
«Je m’étais engagée dans la vie politique avec l’idée que c’était une sorte de mission pour laquelle je ferai de mon mieux, que ce soit comme membre du gouvernement ou députée», nous confie-t-elle. En entrant en politique, elle ne comptait pas forcément y consacrer le restant de sa carrière. «J’allais faire le job aussi longtemps que je me voyais utile», poursuit-elle.
Joëlle Welfring a souvent été amenée à répondre à la même question. Le travail dans l’opposition est-il déplaisant? «C’est vrai qu’au sein d’un gouvernement, on peut initier et réaliser des projets, faire avancer les choses. Mais il y a aussi des avantages à être dans l’opposition, je dirais d’abord qu’on a plus de liberté», juge-t-elle. Elle apprécie particulièrement la possibilité d’approfondir les sujets et c’est un exercice de contre-pouvoir qu’elle trouve très intéressant et surtout «extrêmement important».
Son choix de quitter les rangs du Parlement est l’aboutissement d’une mûre réflexion et elle reconnaît que ne n’était pas facile. Humainement, elle quitte aussi toute une équipe qui lui tient à cœur. Mais pas tout de suite. «Le travail continue à la Chambre, j’ai encore beaucoup de choses à faire jusqu’en octobre», assure-t-elle.
C’est Josée Lorsché qui va lui succéder, «une personne qui a beaucoup d’expérience, qui connaît les dossiers», dit-elle. Elle ne se fait pas de soucis, car elle sait que les quatre députés déi gréng sont des «bosseurs» et elle admet volontiers que Josée Lorsché a la fibre politique plus développée qu’elle. «Ce sont des pros et c’est un gros avantage», estime Joëlle Welfring. Il faudra réorganiser les dossiers, mais elle a toute confiance en l’efficacité de son équipe.
La BEI sera un nouveau monde pour elle. Les débuts seront difficiles aussi et elle va se plonger tête baissée dans ce nouveau challenge. «À la BEI, je vais aider à développer des partenariats dans le domaine du climat et de l’égalité des genres. J’espère pouvoir les aider à développer des partenariats avec d’autres banques», explique-t-elle. Elle sera dans son élément, quoi qu’il en soit, et le climat est un thème à prendre au sens large, qui inclut la biodiversité et la santé.
Joëlle Welfring n’a jamais relâché son attention à propos de ses sujets de prédilection à la Chambre des députés. Elle a posé de nombreuses questions parlementaires sur ces sujets attachés à la défense de l’environnement, au climat, aux énergies renouvelables et à la santé avec les pesticides dans son viseur. Les réponses n’ont pas toujours été à la hauteur de ses attentes. «On peut travailler aussi avec ça et utiliser les non-réponses ou les réponses laconiques», estime-t-elle.
Plaidoyer pour l’engagement
Mercredi dernier, encore, lors d’une commission jointe réunissant quatre ministres (Serge Wilmes, Martine Hansen, Martine Deprez et Marc Spautz) pour discuter sur le premier rapport interministériel «PFAS», Joëlle Welfring les a poussés jusque dans leurs derniers retranchements. Au final, elle aura réussi à exposer le malaise entre les différents ministres au moment d’aborder les ambitions du gouvernement en ce qui concerne la réduction du recours aux pesticides dans l’agriculture. La ministre Martine Hansen était écartelée entre sa casquette de ministre de l’Agriculture et celle de ministre de la Protection des consommateurs.
Ces thématiques vont la suivre. «Il a toujours été important pour moi de m’engager pour la société et de faire quelque chose pour le bien commun. Je vais poursuivre dans cette veine», se réjouit-elle, jugeant important de se sentir utile. Elle trouve que plus de gens devraient s’engager en politique, sans forcément y faire carrière.
Elle trouve que «cette perméabilité entre le monde politique et non politique devrait être plus importante» et que «la politique devrait être une période dans la vie de plus de gens, qu’il faut des phases dans la vie où on doit s’engager en tant que citoyen».
Joëlle Welfring est entrée au gouvernement en mai 2022 après avoir quitté son poste de directrice de l’administration de l’Environnement. Elle n’a guère eu le temps de réfléchir à la proposition. «On m’avait donné un week-end pour donner ma réponse», se souvient-elle. «Ce n’était pas évident, j’ai dû consulter ma famille, mon mari, mes enfants, car il faut consacrer beaucoup de temps à sa fonction et le travail d’équipe est essentiel», témoigne-t-elle.
Un nouveau chapitre s’ouvre pour Joëlle Welfring et un nouveau changement dans la composition de la Chambre des députés. Josée Lorsché, première échevine à Bettembourg, fera son grand retour au Parlement, où elle a déjà exercé plusieurs mandats.